LES DEUX CABGLINES. 2: LA GÉGRGIB
Messieurs^
Nous avons fini l'histoire des colonies du centre, c'est-à-dire des plantations comprises entre la Nouvelle- Angleterre et la Virginie ; pour compléter notre revue, il nous reste maintenant à étudier l'histoire des colonies du sud, c'est-à-dire des deux Carolines et de la Géorgie; occupons-nous d'abord des deux Carolines.
La partie sud des États-Unis, c'est-à-dire celle qui comprend les deux Carolines, la Géorgie et l'Alabama, territoires qui ont fait partie de la Caroline primitive, a été une des plus anciennement reconnues.
Dès 1539, Ferdinand Soto, le compagnon de Pizarre dans la conquête du Pérou, avait découvert le Mississipi. Parti pour chercher l'Eldorado ou le pays de l'or, V dans une expédition où la mort l'attendait, il avait pa^ couru quelques vallées de la Caroline. Mais le premier établissement permanent y fut commencé par des Français. Dans toutes les parties du monde, et en Amérique plus qu'ailleurs, les premières occasions ont été
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pour nous; mais, par je ne sais quelle tatalité, nous avons toujours échoué, comme si nous étions condamnés à ne faire rien de plus que de frayer la route à des rivaux plus persévérants ou plus heureux.
En 1562, Coligny, qui désirait assurer un refuge aux huguenots, et qui un demi-siècle avant les Anglais avait la grande idée d'une colonisation en Amérique, Coligny envoya une expédition sous la conduite de Jean Ribaut, de Dieppe, brave marin, protestant zélé, qui s'établit aux confins de la Floride, et en l'honneur du roi Charles IX, y fonda une forteresse qui fut nommée la Caroline : munitionem Carolinam de régis nomine dictam^ écrit l'historien de Thou *.
Ce nom était prédestiné pour le pays, car il lui fat donné trois fois : d'abord par les Français ; puis lors d'une concession sans résultat, faite sous le roi d'Angleterre, Charles P'; puis enfin, lors de la concession faite par Charles II, et qui fut suivie d'une véritable colonisation.
Cette première expédition de 1862 eut une fin désastreuse. Après le départ de Ribaut, les colons, qui, pour la plupart, étaient des soldats plus habitués au désordre des guerres qu'à la vie patiente du laboureur, tuèrent le commandant du fort, et s'embarquèrent pour retourner en France; une moitié mourut de faim en mer, l'autre fut emmenée en Angleterre par une barque qui les prit à bord.
En 1564, après la paix traîtresse conclue entre Char-