‹ Histoire des États-UnisChapitre 95 sur 119 · ïuj. VHisiuirede la CaiMiiuiiw., XIV" lejoii, p. UGS · texte numérisé non relu

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LES BSU3L GAROUNES. 361

On ne fait pas une nation à Tirnage d*un homme , le législateur qui s'entête à cette œuvre chimérique n'arrive qu'à Fimpuissance et à la déception. L'histoire de la Révolution française porte en caractères sanglants cette incontestable vérité. Ce n'est pas qu'un homme, qu'une assemblée plus éclairée que le gros de la nation, ne puisse imaginer des institutions théoriquement plus parfaites que celles qui existent; mais ce ne sont pas celles que comportent le degré de civilisation, la faiblesse ou les préjugés mêmes du pays. Vous m'ofirez un vêtement magnifique, mais qui me gêne et n'est pas fait pour moi ; il me faut violemment renoncer à mes idées, à mes sentiments pour adopter les vôtres, qui peut-être valent moins, et qui d'ailleurs me sont étrangers. Exiger d'un peuple qu'il change sa vie au gré du législateur (et depuis soixante ans combien de fois la France eût-elle cessé d'être elle-même!), c'est tout à la fois une folle prétention, et la plus insupportable comme la plus insolente des tyrannies, celle qui, par malheur, est la moins rare aujourd'hui. Nous ne sommes plus une race corvéable et qu'on taille à volonté, quoiqu'on en use assez largement en ce point; mais nous sommes une race qu'on réglemente, qu'on gouverne, qu'on constitue à merci et miséricorde, suivant les théories qu'imaginent les personnages importants que notre confiance met au pouvoir. Du jour où ils sont nos mandataires, ce sont leurs caprices et leurs chimères qu'ils nous imposent!

Ce n'est pas là le gouvernement ré{)ublicain d'Amérique; là'-bas, on essaye d'éclairer et de diriger la vo-

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gleterre Q*ont pas émigré dans le nouveau monde; c'est en même temps un régime simple, naturel, d*une application facile, et qui se prête si bien à tous les be* soin.^ nationaux, qu'aujourd'hui, après deux siècles, il subsiste tout entier sous des noms peu différents. Dans ce système, rien d'imaginaire, rien de forcé, point de combinaisons étranges, point de castes, point de privilèges ; mais que de Térités politiques découvertes par l'expérience et déjà passées en maximes! L'unité du pouvoir exécutif, l'institution d'un conseil qui contrôle et tempère le commandement, la division du pouvoir législatif, le droit de représentation; combien de principes que nous entendons mal, et que Locke a méconnus !

Comprend-on maintenant pourquoi un gouvernement, produit naturel de la vie nationale, tel que celui de l'Angleterre ou de l'Amérique; un gouyemement qu'on n'improvise pas, mais qui s'établit de soi-même, et se modifie peu à peu suivant les besoins et les idées, est infiniment supérieur à toutes ces formes abstraites qu'un législateur ou qu'une assemblée impose aux uttions? Quand on est sans expérience, on s'imagine aisément qu'il serait beaucoup mieux qu'un Lycuigtf inspiré poussât le genre humain vers des destinées nouvelles. C'est l'erreur constante des utopistes, q» restent toujours jeunes. Mais les faits inexorables proovent que cette volonté individuelle à laquelle on sounrf un pays, étant nécessairement absolue, est toujours tfrannique*,

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