‹ Histoire des États-UnisChapitre 96 sur 119 · Yoy. VHwlolrede lfxC<i\iUimhn, MV« leçon, p. 36S · texte numérisé non relu

Yoy. VHwlolrede lfxC<i\iUimhn, MV« leçon, p. 36S

On Défait pas une nation h. l'image d'un hoEonu, le législateur qui s'entête à cette œuvre chimérique n'arrive qu'à l'impuissance et à la déception. L'histoire de la Révolution françMse porte en caractères sanglants cette incontestable vérité. Ce n'est pas qu'un homme, qu'une assemblée plus éclairée que le gros de la nation, ne puisse imaginer des institutions théoriquement plus parfaites que celles qui existent; mais ce ne sont pas celles que comportent le degré de civilisation, la faiblesse ou les préjugés mêmes du pays. Yous m'offrez un vêtement magniiique, mais qui me gène et n'est pas fait pour moi; il me faut violemment renoncer à mes idées, à mes sentiments pour adopter les vôtres, qui peut-être valent moins, et qui d'ailleurs me sont étrangers. Exiger d'un peuple qu'il change sa vie au gré du législateur (et depuis soixante ans combien de fois la France eût-elle cessé d'être elle-même 1), c'est tout à la fois une folie prétention, et la plus insupportable comme la plus insolente des tyrannies, celle qui, par malheur, est la moins rare aujourd'hui. Nous ne sommes plus une race corvéable et qu'on taille à volonté, quoiqu'on en use assez largement en ce point; mais nous sommes une race qu'on réglemente, qu'on gouverne, qu'on constitue à merci et miséricorde, suivant les théories qu'imaginent les personnages importants que notre confiance met au pouvoir. Du jour où ils sont nos mandataires, ce sont leurs caprices et leurs chimères qu'ils nous imposent!

Ce n'est pas là le gouvernement républicain d'Amérique; là-bas, on essaye d'éclairer et de diriger la vo-

gleterre n'ont pas émigré dans le nouveau monde; c'est en même temps un régime simple, naturel, d'une application facile, et qui se prête si bien à tous les besoins nationaux, qu'aujourd'hui, après deux siècles, il subsiste tout entier sous des noms peu différents. Dans ce système, rien d'imaginaire, rien de forcé, point de combinaisons étranges, point de castes, point de privilèges ; mais que de vérités politiques découvertes par l'expérience et déjà passées en maximes! L'unité du pouvoir exécutif, l'institution d'un conseil qui conti*ôle et tempère le commandement, la division du pouvoir législatif, le droit de représentation 5 combien de principes que nous entendons mal, et que Locke a méconnus !

Comprend-on maintenant pourquoi un gouvernement, produit naturel de la vie nationale, tel que celui de l'Angleterre ou de l'Amérique ; un gouvernemeot qu'on n'improvise pas, mais qui s'établit de soi-même, et se modifie peu à peu suivant les besoins et les idées, est infiniment supérieur à toutes ces formes abstraites qu'un législateur ou qu'une assemblée impose aux nations? Quand on est sans expérience, on s'imagine aisément qu'il serait beaucoup mieux qu'un Lycurgue inspiré poussât le genre humain vers des destinées nouvelles. C'est l'erreur constante des utopistes, qui restent toujours jeunes. Mais les faits inexorables prouvent que cette volonté individuelle à laquelle on soumet un pays, étant nécessairement absolue, est toujours tyrannique^

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