‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 11 sur 96 · SUCCESSEURS DE CHRISTOPHE COLOMB · texte numérisé non relu

SUCCESSEURS DE CHRISTOPHE COLOMB

passa encore celle de son père. Nous ne savons pas exactement quelle sorte de navires ils montaient. Nous n'avons également sur leurs différents voyages que des renseignements incertains, sauf un seul : ils atteignirent le Labrador et trouvèrent cette contrée froide et triste. A leur retour, ils la dépeignirent comme stérile et hantée par les ours blancs. Us n'avaient guère autre chose à en dire, n'y ayant que fort peu séjourné, puisqu'ils revinrent en Angleterre au bout de trois mois. Leurs cartes et leur journal sont perdus mais nous savons du moins qu'ils furent, après les Normands, les premiers Européens qui visitèrent le continent de l'Amérique du Nord.

Certaine lettre d'un marchand vénitien qui se trouvait à Londres à cette époque, dit crue de grands bonneurs furent rendus à Jean Cabot lorsqu'il rentra en Angleterre. On l'appelait le « Grand Amiral », il se montrait vêtu de riches habits de soie, accompagné d'une foule enthousiaste. « Les Anglais, ajoute" le narrateur vénitien, courent après lui comme des fous si bien qu'il peut en enrôler autant qu'il lui plaît' sans compter les coquins de chez nous. »

L'année suivante, en 1498, Sébastien Cabot repartit avec deux vaisseaux et trois cents hommes, dont un bon nombre très probablement étaient les coquins d'Italie sus-mentionnés. De semblables expéditions devenaient très populaires à cette époque parmi les gens audacieux qui n'avaient rien à perdre. Les explorateurs retournèrent au Labrador ; delà, ils firent trois milles le long de la côte jusqu'au Maryland. Leur voyage avait duré six mois; ils durent revenir faute de vivres. Ce second voyage convainquit Sébastien Cabot que la terre qu'il avait découverte n'était pas 1 Asie, comme on l'avait cru, mais bien un nouveau

continent. Il fit encore un nouveau voyage après celui-ci et explora la Laie d'Hudson. Sébastien Cabot vécut jusqu'à un âge très avancé, recevant une pension du roi d'Angleterre. On l'avait surnommé le « Grand Homme de Mer ». Il avait une telle passion pour la mer, en effet, qu'au moment de mourir, ses dernières pensées se tournèrent vers elle. On a dit de Cabot : « Il a donné à l'Angleterre un continent et nul ne connaît le coin de terre où il repose. »

Une autre expédition fut celle de Ponce de Léon sur les côtes de la Floride. Une légende accréditée en Espagne avait appelé la curiosité générale sur certaine fontaine merveilleuse qui jaillissait quelque part dans les régions découvertes par Colomb, et dont les eaux rendaient kjeunesse à quiconque s'y plongeait. Espagnol de naissance, Ponce de Léon était un vaillant soldat; il avait accompagné Christophe Colomb dans son second voyage et était devenu par la suite gouverneur de l'île de Porto-Rico. Le bruit de cette prétendue fontaine de Jouvence étant parvenujusqu'à son oreille, il se mit naïvement à sa recherche.

Dans ce but, il partit de Porto-Rico au mois de mars 1512, et se dirigea vers l'ouest. Le dimanche que les Espagnols appellent Pascua Florida ou Pâques Fleuries, il aperçut la terre : c'était la presqu'île delà Floride qu'on crut alors être une île. Les forêts en fleurs dont elle était couverte lui semblèrent si belles qu'il l'appela de ce nom expressif de Floride qu'elle a gardé depuis.

Ponce de Léon débarqua près l'endroit qui est aujourd'hui Saint-Augustin. Il explora les côtes et les îles pendant plusieurs semaines, après quoi il s'en retourna. Cinq années plus tard, il visita de nouveau cette terre fleurie avec l'intention d'y établir une

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