‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 12 sur 96 · SUCCESSEURS DE CHRISTOPHE COLOMB · texte numérisé non relu

SUCCESSEURS DE CHRISTOPHE COLOMB

colonie ; mais les Indiens le repoussèrent. Atteint d'une flèche, il regagna l'Espagne pour y mourir sans avoir trouvé la fontaine de Jouvence.

Les récits des autres voyages qui eurent lieu dans ces années où le nouveau monde semblait encore si febuleux aux Européens, sont du plus vif intérêt. Rien de poétique comme les aventures de Balboa qui traversant l'isthme de Darien en 1513, aperçut pour la première fois une mer inconnue, laquelle n'était autre que l'océan Pacifique ; agenouillé au sommet de la montagne où ce spectacle avait frappé ses regards, il remercia Dieu de cette grande découverte, puis il descendit jusqu'au rivage et, s'avançant jusqu'à ce quel eau lui atteignît la ceinture, il brandit son epee et prit possession de l'Océan, au nom du roi d Espagne, avec serment de le défendre. Les aventures de Conezqui conquit le Mexique, celles dePizarre.le dominateur du Pérou, ne sont pas moins extraordinaires. Mais comme ces événements n'appartiennent pas directement à l'histoire des Etats-Unis, ce n'est point ici le lieu de les raconter. Je ne citerai plus que le voyage entrepris par Verazzano ou Ycrazzani, un Italien au service de la France. Ce voyage est important, parce que Verazzano nous a laissé la première des-' cnption complète des côtes de l'Amérique du Nord. Il partit de France par la voie de Madère en 1524, et quittant cette île avec un seul vaisseau, il resta cinquante jours sans voir la terre. Enfin il toucha au rivage de la Caroline du Nord, le longea quelque temps en se dirigeant vers le sud, puis, rebroussant vers le nord, il examina la côte avec un soin tout particulier. Il relâcha dans ce qui est aujourd'hui le port de New- York et ensuite dans ce que nous appelons la baie de Newport (Rhode-Island). Il demeura là une quin-

zainc de jours, engageant des relations commerciales avec les Indiens. Verazzano trouva des vignes et des raisins comme en avaient trouvé les Normands dans le Vinland. Il longea la côte qui s'étend de la Nouvelle-Angleterre à la Nouvelle-Ecosse, trafiquant toujours sur sa route. Dans le récit do son expédition, réuni à une ancienne collection de voyages, on trouve cette description des Indiens :

« Ils accourent au rivage et, se tenant sur des rochers escarpés tandis que nous demeurons dans nos bateaux, ils l'ont descendre à l'aide d'une corde ce qu'il leur convient de nous donner en nous défendant par leurs cris d'approcher de la terre et en exigeant l'échange immédiat. Ils ne veulent que des couteaux, des hameçons et des instruments tranchants Notre courtoisie à leur égard les laisse complètement indifférents. »

Comprend- on combien il serait étrange aujourd'hui en naviguant le long de la côte américaine baignée par l'Atlantique, de n'y rencontrer que des coteaux hérissés de forêts, des îles désertes, rien en un mot qui révèle la vie humaine, sauf peut-être un Indien demi -nu, immobile sur le rivage? Tel fut cependant le spectacle qui frappa les yeux de Verazzano. Il fit à son retour de nombreux récits de tout ce qu'il avait vu. Il jugeait que les sauvages devaient être semblables aux habitants de l'extrémité de la Chine, et que ces nouvelles régions n'étaient absolument dépourvues ni de parfums, ni d'épiecs, ni d'or, ni de perles, choses dont chacun était avide.

Le roi de France, François I", s'enthousiasma, disant qu'il ne pensait pas que Dieu eût créé ces nouvelles terres pour les seuls Castillans. Mais rien ne prouve qu'il ait envoyé une seconde expédition. On ignore si "Verazzano fit d'autres voyagos et ce qu'il devint.

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