HISTOIRE DES ETATS-DNIS
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avec des toits de chaume et des fenêtres de papier huilé. Les chambres étaient garnies d'autant de lits qu'elles en pouvaient contenir. Ils hâtirent encore un vaste hangar pour les provisions communes, un petit hôpital pour les malades et une église dont le sommet était protégé par quatre canons.
Là, du moins, ils pouvaient pratiquer en sûreté leurs cérémonies religieuses avec le bon Eldcr (ancien) Brewster pour ministre. Leur nourriture consistait dans le produit de la chasse et de la pèche, en attendant qu'ils pussent semer du blé : ils tuaient parfois des dindons sauvages ; ils attrapaient des aloses, des morues, des homards et des coquillages. Les Indiens leur apprirent à tuer le poisson avec des flèches et à tirer les anguilles de la vase en s'aidant de leurs pieds. Une fois ils se hasardèrent à manger la chair d'un aigle et lui trouvèrent « un goût de mouton». Pendant plusieurs années ils n'eurent point de bétail, et n'auraient pu d'ailleurs le conservera cause des lions, comme ils appelaient les loups, qui venaient iôder jusqu'aux portes de la ville. Souvent ils souffrirent de la disette. « J'ai vu des hommes, dit l'un d'entre eux, tomber d'inanition. » La moitié de leur monde succomba le premier hiver à la rigueur du climat, le gouverneur compris.
Ils semèrent du blé sur leurs tombes, pour cacher aux Indiens les pertes qu'ils avaient faites et qui les réduisaient à un bien petit nombre. Cependant, au printemps, quand la Mayflower retourna en Angleterre, aucun de ces braves colons ne partit à son bord. Les femmes mêmes, avec leurs enfants malades, préférèrent ce pays libre, dénué de toutes les commodités de la vie, au bien-être dans le pays
natal.
LES COLONIES DU MASSACHUSETTS
2° LA COLONIE DE MASSACHUSETTS
Tandis que les Pèlerins s'établissaient ainsi à Plymouth, d'autres colonies temporaires étaient créées le long de la côte par les Anglais. La plus importante toutefois restait encore à fonder. Le 29 juin 16-29, cinq vaisseaux entrèrent dans ce qui est maintenant le port de Salem. L'un d'eux était cette même Maijflower qui avait naguère amené les Pèlerins.
La traversée avait duré six semaines et trois jours, et les passagers trouvaient ce voyage rapide ! Il avait réussi en somme, et le seul individu qui le relate s'exprime en ces termes . « Notre traversée fut agréable et utile, car ce fut pour nous un enebantement et une leçon à la fois de contempler les merveilles du Seigneur dans les eaux profondes, de voir la mer tantôt se soulever autour de nous d'une façon terrible, en formant, pour ainsi dire, de hautes collines et de profondes vallées, tantôt s'aplanir comme la prairie la plus paisible. » Lorsqu'ils atteignirent la côte, le même narrateur écrivit : « A midi, nous n'étions plus qu'à trois lieues du cap Ann ; en longeant le rivage, nous aperçûmes les coteaux, les vallées, toutes les îles couvertes de forêts verdoyantes et de grands arbres iso lés. Plus nous approchions, plus nous trouvions des fleurs en abondance, parfois éparpillées, parfois rassemblées au contraire en nappes d'une étendue de neuf ou dix yards 1 , et que nous supposions être apportées des prairies basses par la marée. Ces bois de pins étages sur le rivage et ces fleurs d'or semées sur la mer nous inspiraient à tous le désir de contempler de plus près notre nouveau paradis de la Nou-