‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 26 sur 96 · SOCIETE DES AMIS EN PENNSYLVANIE · texte numérisé non relu

SOCIETE DES AMIS EN PENNSYLVANIE

Les Pennsylvaniens savaient gré à leur bienfaiteur de toutes ses largesses, et cependant ils n'étaient pas aussi satisfaits que les habitants des autres colonies, où chaque individu se sentait propriétaire absolu du terrain qu'il avait défriché. Aussi, dès que Penn n'exista. plus, les colons n'eurent pas pour les droits de ses successeurs le même respect qu'ils professaient pour les siens, et des discordes s'ensuivirent.

Ce fut du reste une race persévérante et industrieuse que celle des premiers colons de la Pennsylvanie. Ils s'adonnèrent à l'agriculture, au commerce et à la construction des navires, qu'ils vendaient au dehors ou qu'ils gardaient pour leur usage particulier. Les grandes mines de houille que l'on rencontre dans cet État n'étaient pas encore découvertes, mais quelques hauts fourneaux y furent établis pour la fonte du fer. La plupart des colons anglais conservèrent la simplicité d'allures des quakers, bien qu'ils eussent le confort et même le luxe désirables. Leurs écoles et leurs collèges ne furent pas fondés tout à fait d'aussi bonne heure que ceux des colonies de l'est ; cependant on assure que la première école de filles en Amérique fut élablie à Lewistovvn, lorsque la Delaware faisait partie de la Pennsylvanie. La fondation de l'Université pennsylvanienne remonte à l'année 1749.

Jusqu'au temps de la Révolution américaine ou peu s'en faut, Philadelphie resta « une jolie et verdoyante ville de province », comme l'avait voulu Penn. Les maisons, généralement construites en briques ou en pierres, étaient entourées de jardins et de vergers, l'n voyageur allemand disait, en 1748, qu'il mûrissait tant de pêches aux environs de la ville que les porcs eux-mêmes en étaient rassasiés. « Les paysans d'Europe, ajoute-t-il, veillent avec plus de soin sur leurs

navets que les Pennsylvaniens sur les fruits les plus délicieux. Quiconque en désire n'a qu'à escalader le mur pour les cueillir. ChaquePhiladolphicnjouitd'une liberté et d'une abondance telles qu'il peut vivre comme un roi dans sa maison. »

Pourtant, à cette époque, une boutique à Philadelphie n'était qu'une simple maison d'habitation, garnie de marchandises au rez-de-chaussée, avec un objet quelconque suspendu à la porte afin d'indiquer ce qu'on y vendait; — par exemple une corbeille, un livre, une ruche d'abeille ou un modèle d'ancre de navire. Il n'y avait point de pavés dans les rues, mais seulement un étroit dallage en guise de trottoir. Le jour du marché hebdomadaire était pour ainsi dire jour de fête; en outre, une foire avait lieu deux fois l'an. A l'origine, les gens de la colonie étaient sobres et ne se permettaient que fort peu d'amusements; mais, plus tard, ils eurent une école de danse, puis un bal public, puis un champ de courses et des meutes de chasse. Les voies de communication alentour étaient plus qu'insuffisantes, vu le mauvais entretien des routes et la lenteur des moyens de transport. En 1772, une diligence, appelée « la machine volante », était réputée ne mettre que deux journées pour aller de Philadelphie à New-York !

La Pennsylvanie fut pendant plusieurs années plus prospère qu'aucune autre colonie. C'était dans le port de Philadelphie qu'abordaient la majeure partie des émigrants; parfois douze mille Allemands arrivaient en une seule année. Un tiers environ de la population appartenait à la secte des quakers, tous gens économes et rangés. A l'époque où éclata la Révolution d'Amérique, la Pennsylvanie occupait parmi les colonies le troisième rang, n'étant dépassée sous le rapport de la

SB

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