HABITANTS PRIMITIFS
fouilles récentes opérées particulièrement sur le Colorado en font surgir à la lumière un nombre de plus en plus considérable.
Les plus remarquables parmi ces animaux fossiles étaient deux grands quadrupèdes offrant quelque rapport avec l'éléphant et que l'on connaît sous les noms de Mammouth et de Mastodonte. Ils foulaient jadis les forêts, arrachant les branches des arbres pour se nourrir; parfois ils tombaient dans les marais, où ils trouvaient la mort, faute de pouvoir, en raison de leur lourde masse, se dégager de la vase. Us mesuraient dix ou douze pieds de haut, taille à laquelle n'atteint aucun de nos éléphants actuels, et leurs défenses, à en juger par celles qu'on a trouvées, atteignaient une longueur de onze pieds. Nous connaissons leur forme, leur stature, leur aspect, et nous savons que leur race a existé sur le sol de l'Amérique du Nord pendant dus milliers d'années. Impossible d'affirmer avec certitude 'si des hommes ont vécu en même temps qu'eux sur le continent américain. Cependant le doute n'est guère permis à cet égard : en Franco on a découvert dans des cavernes, mêlés aux restes d'animaux disparus, des dessins grossiers représentant le mammouth et faits évidemment de main d'homme sur ivoire ou sur ardoise. En Amérique, aucune prouve aussi positive n'a été trouvée, mais on a rencontré des ossements humains et des ustensiles de silex mêlés à ces mêmes restes d'animaux. Il paraît très possible que l'homme ait peu à peu détruit la race des mammouths et des mastodontes. De nos jours, dans l'Afrique méridionale, tous les hommes d'une bourgade se réunissent pour chasser l'éléphant, ils le tuent à coups de flèches, tout formidable qu'il soit. On peut donc supposer que les instruments de silex recueillis parmi les
os de quadrupèdes plus grands encore, sont les couteaux et les pointes de flèches à l'aide desquels la bête a été tuée. Peut-être sera-ce le seul indice que nous aurons jamais sur la façon dont cette race puissante disparut de la surface du globe. Quoi qu'il en soit, il est certain que les mammouths et les mastodontes périrent à la fin, et que les êtres humains qui les ont connus, disparurent également, ne laissant que des traces éparses bien obscures et bien confuses de leur passage.