‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 38 sur 96 · Ils ont élé traduits ainsi · texte numérisé non relu

Ils ont élé traduits ainsi

Blasons, beauté, trésors, pouvoir que l'on envie, Tout n'est ici-bas qu'un éphémère flambeau !

L'heure fatale arrive, il faut quitter la vie.... Où mènent les sentiers de la gloire? Au tombeau :

GUERRES FRANCO-INDIENNES

— Dieu soit loué, s'écria-t-il, je meurs content. »

Le général Montcalm tomba, lui aussi, mortellement blessé, et lorsqu'on lui eut fait connaître son état :

« Tant mieux, s'écria-t-il, je ne verrai pas rendre Québec 1 . »

En effet, Québec se rendit cinq jours après, et en 1763 une paix fut conclue qui cédait à l'Angleterre outre le Canada 2 , toutes les possessions françaises à l'est du Mississipi, sauf quelques stations de pêche à Terre-Neuve. Quelque temps auparavant, le cabinet de Versailles avait abandonné à l'Espagne ses droits sur les vastes régions qui s'étendent à l'ouest du Mississipi. Il était donc permis de croire que les tribus indiennes se soumettraient sans résistance à la domination anglaise et lui seraient aussi fidèles qu'elles l'avaient été jadis à la France; mais les Indiens n'étaient pas disposés à une si facile soumission et la guerre ne tarda pas à se rallumer avec violence.

1. Le marquis de Montcalm vécut et mourut en héros; il eut la gloire de conduire jusqu'au bout une lutte disproportionnée sans que les ministres insouciants de Louis XV lui envoyassent aucun secours. Trois mille hommes de troupes régulières "et six à sept mille colons canadiens enrégimentés en milices et armés de mauvais fusils, voilà tout ce qu'il pouvait opposer à cinquante mille Anglo-Américains parfaitement équipés et soutenus. Quand il comprit que tout était perdu, il donna sa vie, non seulement avec courage, mais avec joie, ne pouvant supporter la pensée d'assister à l'invasion anglaise. (Note du lraduclei.tr.)

2. A la suite de cette paix honteuse que le gouvernement français conclut par découragement, pour n'avoir plus une cause perpétuelle d'embarras et de guerres, toute la politique des Anglais consista à transformer entièrement, au moyen de l'émigration la population française qui, si peu nombreuse qu'elle fût, et en dépit de toute sorte de tyrannies et d'injustices, est restée fidèle au passé, aux vieilles traditions, en un mot à la mère patrie qui l'a reniée. Les Canadiens ont résisté le plus possible à t'anglifleation. Ils disent encore en pensant à la France : nos coutumes, notre langue, nos lois. (\ ole , du traducteur.)

11 y avait un chef indien nommé Pontiac, homme courageux, habile, dont l'influence sur les siens était considérable : il avait commandé la tribu d'Ottawa lors de la bataille où fut défait le général Braddock et avait vu les habits rouges fuir devant ses guerriers. Pontiac était persuadé que si les tribus indiennes parvenaient à s'unir dans un suprême effort, elles finiraient par chasser les Anglais au moins de l'intérieur du pays. Les Français du Canada encourageaient secrètement ses projets ; ils disaient aux Indiens que « si les Anglais avaient triomphé, c'est parce que le roi de France avait dormi pour un temps, mais que bientôt il sortirait de son sommeil et chasserait les envahisseurs du pays habité par ses enfants les Peaux- Rouges ». Pontiac écoutait avidement ces discours. « Je suis Français, disait-il, et je mourrai Français. » Il envoya dans tout le pays des émissaires, chacun d'eux portant un ceinturon de wampum (les perles rouges ou noires étant un signe de guerre) avec un tomahawk peint en rouge. Dans chaque bourgade on reçut le ceinturon, on brandit en l'air le tomahawk, et les chefs promirent de prendre part à la guerre; après quoi l'on tint conseil, et il fut résolu qu'on attaquerait le fort Détroit, sous la conduite de Pontiac. Voici quel était le plan imaginé par Pontiac. Il se présenterait devant le fort avec trente ou quarante hommes et demanderait l'autorisation d'entrer pour exécuter une danse indienne. Tandis qu'ils seraient en train de danser quelques complices rôderaient dans le fort sans être remarqués et se rendraient compte des êtres. Puis ils reviendraient demander à tenir un conseil; cette fois ils auraient des armes sous leurs couvertures, et, à un signal convenu, frapperaient les officiers blancs. La première partie de ce plan réussit, mais la seconde

GUERRES FRANCO-INDIENNES

échoua. Le commandant du fort fut averti du complot par des femmes indiennes, et lorsque Pontiac se présenta avec ses cinquante guerriers qui cachaient des fusils sous leurs couvertures, ils furent cernés par un gros de soldats armés jusqu'aux dents. Ils virent alors que tout était découvert et durent s'estimer heureux d'être renvoyés sans punition.

A la suite de cette affaire, Pontiac rassembla ses alliés et assiégea ouvertement Détroit pendant plusieurs semaines (1763). Ce fut le plus long siège qu'aient jamais conduit les Indiens, dont la tactique consistait surtout en surprises, et il devait aboutir à un échec, bien que pendant sa durée plusieurs autres forts eussent été capturés par les Indiens. A Michillimackinac, par exemple, plusieurs centaines d'Indiens sans armes profitèrent d'un jour de fête pour se mettre à jouer à la balle près du fort, en invitant les soldats à sortir pour les voir, tandis que leurs squaws regardaient le jeu, enveloppées dans leurs couvertures. Tout à coup, la balle frappée alla tomber comme par hasard devant la porte du fort. Les sauvages coururent après, mais ils avaient eu le temps de prendra chacun une hache que leurs femmes tenaient cachées. Ils s'élancèrent alors dans le fort et massacrèrent les soldats de la garnison; vingt d'entre eux à peine réussirent à s'échapper. Ainsi, d'une manière ou d'une autre, presque tous les forts anglais de la région des lacs tombèrent aux mains des Indiens. Détroit résista cependant avec un grand courage, mais la garnison était épuisée par la lamine. L'hiver seul la sauva. Les Indiens se dispersèrent, abandonnant la place après un siège de cinq mois. Il n'avait fallu rien moins que l'extraordinaire énergie de Pontiac pour qu'il durât aussi longtemps. Ce chef intrépide fut enfin

forcé de faire sa paix avec les Anglais et périt assassiné par un autre Indien dans une orgie.

Ainsi se termina la longue série des guerres francoindiennes; les colons anglais commencèrent à goûter un peu de repos jusqu'au temps où commença leur propre révolution.

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