‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 40 sur 96 · CONCORD, LEXINGTON ET B U N K E R- II 1 1. L · texte numérisé non relu

CONCORD, LEXINGTON ET B U N K E R- II 1 1. L

Tandis que les esprits étaient ainsi surexcités, le général Gage, gouverneur royal, convoqua la législature de Massachusetts, puis, se ravisant presque aussitôt, prononça la dissolution de cette assemblée, avant même qu'elle ne fût réunie (28 septembre 1774). Ala suite de cette proclamation, tous les membres élus convinrent de se réunir sans y être autorisés, et ils se formèrent en Congrès provincial. Leur premier soin fut d'organiser et d'exercer la milice dont le détachement, dit des minute-men, devait être toujours prêt à marcher au premier signal. Le Congrès provincial s'occupa ensuite de rassembler des armes et des munitions qui furent emmagasinées à Concord et àWor-

XTJ ' - ' i g ° UVerneur "^ *> trouva dans un plus grand embarras que S > U avait laissd , un

23 l6Ur C0UrS fièrement. Cependant des trup anglaises continuaient d'arriver à Boston, et le généra Gage d cpèchait des espions sous divers déguisement àl effet de connaître l'endroit où étaient les° mag ams militaires des patriotes; ces derniers, d'autre pï ena ie nt sur leurs gardes, guettant les moindre m'ou! vements du gouverneur dans la crainte qu'il ne Ht ma.n basse sur les provisions. Il f u , C0 J nu ^ surveillance spéciale serait exercée à Charlestovvn e que, dans le cas où l'on viendrait à savoir qu'une force considérable dût sortir la nuit de Boston, une lanterne ^serait placée sur la tour de l'église du nord en manière de signal.

Une nu i t , ]es u de Charlestown v .

1er la lanterne dans le clocher. Aussitôt chacun se 2 f™™ 6111 ' les Maires partirent de tous cotés. D autres messagers étaient arrivés de Boston en bateau; l'un d'eux, Paul Bevere, sautant à cheval traversa Medord à fond de train/et arriva dans lue imuson ou dormaient les meneurs patriotes, John Hancock et Samuel Adams.

« Ne faites pas tant de bruit, lui dit la sentinelle qui était de garde à la porte.

- Du bruit? s'écria Paul Bevere, vous en aurez avant qu'il soit peu : les réguliers approchent. .

H galopa ainsi de maison en maison, éveillant les principaux fermiers.

Après le passage de Paul Bevere, bien peu dormirent cette nuit-là.

Pendant ce temps, huit cents soldats anglais, après s être embarqués au pied de Boston-Common, traversaient le heu où se trouve actuellement East-Cam-

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bridge. Us longeaient silencieusement les marais, quand tout à coup les cloches des bourgs et villages se mirent à sonner ensemble. Il était clair que l'alarme avait été donnée. Paul Révère et les autres vedettes avaient rempli leur mission en conscience. L'officier qui commandait le détachement anglais envoya chercher du renfort et le major Pitcairn reçut l'ordre de se porter en avant avec deux ou trois cents hommes d'infanterie, pour s'assurer des deux ponts de Goncord. Mais lorsque Pitcairn traversa Lexington, à quatre heures du matin, le 19 avril 1775, il trouva devant lui, rangés en bataille, soixante ou soixante-dix miliciens commandés par le capitaine John Parker.

« Holà vilains! Holà rebelles! Bas les armes et dis persez-vous ! » leur cria l'officier anglais.

Et les soldats firent feu.

Les Américains ripostèrent sans grand domma pour l'ennemi. Il y eut huit Américains tués et dix blessés. Ce fut le premier sang versé dans la guerre de la Révolution.

A la suite de cet exploit, les « réguliers » marchèrent sur Concord en poussant trois hourrahs. Pendant ce temps, le gros de l'armée anglaise était arrivé et les avait rejoints. Mais avant qu'ils ne parussent devant la ville de Goncord, les habitants avaient pu mettre en sûreté leurs approvisionnements militaires dans les forêts voisines. Les minule-men, accourus en toute hâte vers Goncord au nomhre de quatre cent cinquante hommes, prirent alors position sur un terrain élevé, près du lieu aujourd'hui appelé North-Bridge qui est situé hors du bourg. Ilspurent voir les soldats anglais se répandre dans les rues, anéantir les munitions, abattre le poteau de la Liberté et livrer aux flammes le Palais de Justice.

Les officiers des minute-mm résolurent alors de descendre jusqu'au pont et de repousser au moins les Anglais qui s y trouvaient postés. Le capitaine Isaac Davis, d Acton, s'écria fièrement :

« Je n'ai pas avec moi un seul homme qui ait peur. » ^

Lui et sa compagnie marchèrent en effet à la tète de tous les autres. Comme ils arrivaient près du pont les Anglais tirèrent et Davis tomba mortellement frappé

«Feu ! s'écria Je major Buttrick ; feu ! pour l'amour de Dieu ! »

Devant la décharge qui suivit cet appel, les réguliers se replièrent en désordre, laissant sur le terrain un mort et plusieurs blessés. Les Américains, ayant reconnu cependant qu'ils étaient trop peu nombreux pour attaquer le corps principal de l'armée, résolurent de ne rien faire contre lui pour le moment, mais de 1 attendre au retour. En effet, quand les soldats anglais eurent détruit tous les approvisionnements militaires qu ils avaient trouvés à Goncord, ils se mirent en marche pour rentrer à Boston, emmenant avec eux leurs blessés. Ils étaient en ce moment à seize milles de cette ville; mais le retour ne devait pas s'opérer aussi aisément que le départ. Dans tout le pays à la ronde les coups de fusil se mêlaient au son du tocsin Des hommes accouraient de ci, de là, en manches de chemise pour la plupart, sans ordre ni discipline, mais tous le fusil à la main. Un officier anglais a écrit depuis « qu'ils semblaient pleuvoir du ciel. » C'étaient parfois des compagnies de minutc-men, parfois des fermiers qui arrivaient isolément. A chaque mille que parcouraient les soldats anglais harassés de fatigue entre Concord et Lexington, le nombre des combattants grossissait, chacun tirant derrière un mur ou

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