‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 47 sur 96 · HISTOIRE DE3 ETATS-UNIS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE3 ETATS-UNIS

Lande de tories (on continuait d'appeler ainsi les loyalistes américains), employèrent des Indiens à massacrer les hommes, les femmes et les enfants à Wyoming (Pennsylvanie). Il y eut aussi de grandes Latailles navales durant lesquelles Paul Jones s'illustra par la lutte entre son navire, le Bonhomme Richard, et la frégate anglaise Sérapis qui s'accostèrent bord à bord. On tira les uns contre les autres, des gréements et des hunes, pendant trois heures consécutives; les deux vaisseaux prirent feu tour à tour jusqu'au moment où la frégate anglaise amena son pavillon. C'était en 1779.

Des actes d'une audace extraordinaire furent accomplis dans le genre de guerre qu'on appelle guerre de partisans. Marion et Sumter particulièrement iirent merveille dans les forêts de la Caroline du Sud. Ces braves gens battaient les bois par des sentiers connus d'eux seuls et entreprenaient de longues courses nocturnes pour attaquer les différents postes des armées anglaises qui occupaient alors Charlestown et ses environs. On avait surnommé Marion « le Renard des marais », et les officiers anglais se plaignaient de ce qu'il ne venait point « les combattre en rase campagne comme il eût convenu à un officier et à un gentleman. »

Un acte de trahison abominable fut commis pendant la guerre par un des officiers les plus distingués de l'armée américaine, le général Benedict Arnold. Il avait pris part à la lutte dès l'origine, il s'était distingué en marchant avec un corps d'armée à travers les forêts du Maine pour attaquer Québec, puis en commandant les forces navales dans un rude combat sur le lac Champlain et dans plusieurs autres circonstances encore." On l'accusait néanmoins d'être égoïste et vindicatif ; ses frères d'armes se méfiaient de son

SUITE ET FIN DE LA GUEliRE.

caractère : plusieurs d'entre eux avaient passé avant lui dans les promotions. Cette défaveur se trouva justifiée lorsqu'on découvrit, par la suite, que depuis une année et demie Arnold correspondait secrètement avec le général en chef de l'armée anglaise, sir Henry Clinton. Les lettres portaient des noms supposés, de sorte que sir Henry Clinton lui-même ignora pendant longtemps à quel traître il avait affaire. Sur ces entrefaites, Arnold fut désigné pour commander sur le fleuve Hudson avec ordre d'établir son quartier général à West-Point, qui passait pour la place la plus imprenable des colonies. On l'appelait le Gibraltar américain, et on la considérait comme la clef des communications entre les États de l'est et ceux du sud ; c'eût été presque la ruine de la cause coloniale si les Anglais en fussent devenus maîtres.

Arnold proposa cependant do la leur livrer, et il y aurait réussi, si la capture d'un officier chargé des négociations, n'eût révélé ses coupables manœuvres. Quelques jeunes Américains, sortis un jour sur ec que l'on appelait le territoire neutre qui s'étendait entre les deux armées ennemies, l'aperçurent en passant, l'arrêtèrent et le questionnèrent. Celui-ci, croyant avoir affaire à des loyalistes, dont le nombre était considérable dans le pays, leur déclara imprudemment qu'il était officier anglais. C'était, en effet, le major André, aide de camp du général en chef. Les jeunes gens le fouillèrent et trouvèrent, cachés dans ses bottes, des papiers contenant les indications les plus précises données par Arnold au sujet de la garnison et de la défense de West-Point, avec tout le plan de la trahison. Le major André leur offrit do grosses sommes s'ils voulaient le relâcher, mais ils refusèrent et leur prisonnier fut conduit au poste militaire le

plus proche (-23 septembre 1780.) André fut amené peu après devant le général Washington, puis traduit en cour martiale. La découverte de celte trahison fil grand bruit, et l'on s'apitoya généralement sur le sort d'André : mais convaincu d'être un espion, il fut pendu ainsi que l'exigeait la loi militaire.

Arnold, pendant ce temps, s'échappa et parvint à gagner les lignes ennemies. Il prit du service chez les Anglais, combattit avec eux ses compatriotes, devint brigadier général et reçut beaucoup d'argent en récompense de ses infamies. Mais il fut toujours tenu à l'écart et universellement méprisé.

L'alliance delaPrance avaitéléun grand appui moral pour les Américains; toutefois l'armée française n'avait pu rendre beaucoup de services effeclifs jusque-là, bien que le comte de Rochambeau ' eût débarqué à Newport (Rhode-Island), en 1780, avec six mille hommes. La guerre se termina enfin par une grande victoire à

1. Le comle de Rochambeau était fils d'un gouverneur de Vendôme et avait été destiné à l'état ecclésiastique, mais son frère aîné étant mort, il obtint dès l'âge de dix-sept ans de porter l'épée, se distingua en toutes circonstances et était déjà comblé d'honneurs quand l'occasion se présenta pour lui de commander le corps auxiliaire que la France envoyait aux émigrés d'Amérique. Les immenses services qu'il rendit à la cause de l'Indépendance inspirèrent au Congrès américain une reconnaissance qu'il ne put témoigner que par le don de deux pièces d'artillerie prises aux Anglais; mais Louis XVI fut chargé par ses alliés d'acquitter une si juste dette. Rentré en France, Rochambeau commanda l'armée du Nord à l'époque de la Révolution et ne donna sa démission qu'en 1792; après la chute des Girondins, il fut arrêté et condamné à mort; on raconte qu'il avait déjà pris place dans la fatale charrette quand le bourreau l'en fit descendre sous prétexte qu'elle était trop pleine en disant : « Va-t'en, vieux, ton tour viendra une autre fois. » Son tour ne vint pas ; le 9 thermidor au contraire rendit la liberté au maréchal de Rochambeau.

(Noie du traducteur.)

SUITE ET FIN DE LA GUERRE

laquelle les Français prirent une part considérable. Ce fut à Yorktown (Virginie), où le général anglais Gornwallis avait établi son quartier général. Washington se dirigea sur ce point avec les troupes américaines et le comte de Rocharobcau avec un corps français, tandis que l'amiral do Grasse ' bloquait York-Rivcr. Après dix jours de siège, voyant que ses plus importants ouvrages avaient été détruits par l'artillerie américaine, lord Cornwallis résolut d'abandonner Yorktown pendant la nuit, de passer la rivière et de Lattre en retraite jusqu'à New-York. Un orage l'arrêta et il dut se rendre au général Washington. Le 19 octoLre 1781, les armées alliées de France et d'Amérique, ayant à leur tète Washington et RocLamLeau, se formèrent sur doux rangs aux portes tle Yorktown. Les vaincus défilèrent entre i lies et déposèrent leurs armes. L'armée anglaise était d'environ sept mille hommes; les Français et Jes Américains étaient au nombre de seize mille. Aujourd'hui encore, dans certaines revues de milices provinciales, les soldats rappellent cet événement par une représentation militaire qu'ils appellent un Cornwallis.

Dans la nuit qui suivit, ceux des habitants de Philadelphie qui ne dormaient pas, entendirent les veilleurs de nuit crier : « Il est deux heures passées, et Cornwallis est pris. »

En apprenant cette nouvelle, le Congrès ordonna un jour d'actions de grâces dans toute l'étendue des

I. L'amiral comte de Grasse, qui eut les qualités d'un intrépide marin à défaut de celles d'un clief d'escadre, est célèbre par la saillie d'héroïsme qui lui fit, dans un combat contre les Anglais, charger ses canons avec des sacs d'argent, toutes les munitions étant épuisées.

{-Yole du traducteur.)

États-Unis, et Washington fit mettre en liberté les prisonniers sans exception, afin qu'ils pussent participer à la joie générale.

Il était clair pour tout le monde que la capitulation de Cormvallis décidait du résultat de la guerre. Cette lutte durait depuis prés de sept années; elle avait coûté à la Grande-Bretagne cent millions do livres sterling et cinquante mille hommes, sans compter la perte des colonies qu'elle s'était si maladroitement aliénées pour une question d'argent. Cette guerre, selon l'expression d'un grand homme d'État anglais, Pilt, avait été conçue dans l'injustice, nourrie dans la démence, et chacun de ses pas avait été marqué par le meurtre et la dévastation. Elle coûta aussi aux Américains des souffrances inouïes ; mais de ce côté le résultat valait bien des sacrifices.

On se battit encore çà et là après la capitulation de Cornwallis. Les troupes anglaises occupèrent pendant près de deux années encore les villes de New-York, Charles town et Savannali; mais il n'y eut plus de campagne importante. Enfin, le 3 septembre 1783, un traité fut conclu à Paris entre les plénipotentiaires anglais et américains, par lequel l'Angleterre reconnaissait tout ce que la déclaration de l'Indépendance avait proclamé. La nouvelle nation, appelée les États- Unis d'Amérique, prenait place parmi les États politiques du globe.

APRES LA r.UERRE.

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