‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 48 sur 96 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

A ri! ES LA GUERRE

L'armée de la Révolution fut licenciée ie 3 novembre 1783. A la fin de ce long conflit, les colonies américaines étaient restées très pauvres et leur monnaie était tombée dans un tel discrédit qu'une paire de souliers coûtait un billet de cent dollars. Les soldats congédiés étaient si misérables, si mécontents, qu'il fallut toute l'autorité de Washington pour les maintenir dans le devoir. De son côté, le peuple manquait d'argent pour payer les impôts qui seuls pouvaient subvenir aux frais de l'Etat. Une révolte connue sous le nom de « Shay's Rébellion » fut fomentée dans le Massachusetts par des gens qui soutenaient qu'on ne devait payer à une pareille époque ni dettes ni impôts. Tout, cela était alarmant et fit comprendre aux Américains qu'ils avaient besoin désormais d'un gouvernement plus fort que la simple ligue formée en 1777 et qui leur avait suffi pendant la guerre.

Ce qui avait en tout temps troublé l'harmonie, c'était celte jalousie invétérée des colonies entre elles dont il a été question ici plus d'une fois, et surtout le dépit des plus petites contre les plus grandes. Il en résultait qu'elles n'avaient voulu donner à la« Confédération », comme on l'appelait, que le moins d'autorité possible. Leur crainte d'un gouvernement tyrannique était extrême, aussi refusaient-elles au Congrès presque tous les moyens d'action, par exemple le droit de lever des taxes ou de fixer le montant des droits à percevoir

sur les marchandises importées; le Congrès ne pouvait même contraindre à l'obéissance de la loi. Naturellement les nations étrangères ne se souciaient pas de conclure des traités avec un gouvernement aussi faible. « Nous sommes aujourd'hui une nation, disait Washington, et demain nous serons treize nations ! Qui voudra traiter avec nous dans de pareilles conditions ? »

Il fut décidé que cela ne pouvait durer ainsi, et une convention de délégués fut appelée à se réunir dans la salle des États à Philadelphie, afin de délibérer sur une nouvelle Constitution et de créer, s'il était possible, un gouvernement plus fort, sans porter atteinte aux libertés publiques. La discussion dura de longues semaines.

Enlin, le 17 septembre 1787, la Constitution aujourd'hui en vigueur fut adoptée. Il fallait encore qu'elle fût soumise à l'acceptation des différents États, et, à cette occasion, elle rencontra une opposition assez vive, tandis qu'elle était vigoureusement appuyée au contraire par Alexandre Hamilton et d'autres hommes politiques dans une série d'articles célèbres du journal the Federalist. Cependant dix États sur treize l'acceptèrent presque immédiatement, si bien qu'elle commença d'avoir son effet dès 1788. Il restait trois États récalcitrants : l'un d'eux, New-York, adhéra juste à temps pour prendre part à la première élection présidentielle qui eut lieu la même année. La Caroline du Nord donna son adhésion l'année suivante, et Rhode-Island se soumit le dernier en 1790. Ainsi finit la première « Confédération »; la nouvelle « Union » commença.

La Confédération avait transformé les colonies en États indépendants; l'Union réunit ces États en une seule nation, qui s'est toujours gouvernée elle-même

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