‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 49 sur 96 · APRES LA GUERRE · texte numérisé non relu

APRES LA GUERRE

depuis cette époque sous le régime de la Constitution qu'elle avait adoptée, quoiqu'il y ait été l'ait de temps à autre quelques modifications.

Il y eut de grandes fêtes dans tout le pays quand fut promulguée la nouvelle Constitution et que commença l'existence de la nation nouvelle. A Philadelphie, par exemple, un cortège de cinq mille personnes défila, représentant tous les genres de commerce el de métiers. De semblables manifestations étaient jusque-là inusitées ; elles avaient pour but de montrer la différence entre le gouvernement monarchique et le gouvernement républicain. En effet, toutes les réjouissances nationales données en Europe à cette époque affectent un caractère essentiellement militaire ; ici, au contraire, on distinguait dans le défilé des figures allégoriques représentant la Déclaration de l'Indépendance, CAlliance française, le Traité de l>m-i<. Ainsi du reste. La. Constitution était représentée par un char pompeux en forme d'aigle, traîné |i;m six chevaux et dans lequel étaient assis les juges de la Cour suprême, tenant la Constitution encadrée el fixée au bout d'un bâton que surmontait le bonnel de la liberté, et où l'on pouvait lire, en lettres d'or, ers mots : « Le peuple. »

A la suite venait un autre char traîné par dix chevaux blancs, portant un modèle de monument destiné à figurer le gouvernement fédéral ; le toit en était soutenu par treize colonnes. Trois d'entre elles avaient été laissées inachevées à dessein pour représente]- les États qui n'avaient point encore ratifié la Constitution, et dix étaient terminées, signifiant les États qui y avaient déjà adhéré. Sur la rivière furent lancés dix navires pavoises avec des inscriptions en l'honneur de ces États.

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Le clergé de la ville avait pris place dans le défilé et le rabbin juif marchait entre deux ministres de la religion chrétienne pour bien indiquerque la nouvelle République était l'ondée sur les principes de la tolérance religieuse.

Le premier président américain de la République américaine fut George Washington. John Adams fut nommé vice-président. New-York était le siège du gouvernement. Lorsque Washington quitta la Virginie, qu'il habitait, pour venirdans cette ville, l'enthousiasme le plus vif éclata partout sur son passage. A Trenton, où il avait naguère livré plusieurs batailles, un arc de triomphe avait été jeté au-dessus d'un pont qu'il devait traverser. C'était le même pont par lequel il avait jadis opéré sa retraite devant l'armée de Cornwallis. L'arc triomphal reposait sur treize colonnes enguirlandées de fleurs et portant cette inscription : « Le défenseur des mères sera le protecteur des filles. » Au-dessous se tenait un groupe déjeunes filles tenant dans leurs mains des corbeilles de fleurs ; elles chantèrent des couplets dont voici le texte :

« Sois de nouveau le bienvenu parmi nous, puissant chef, — Sois le bienvenu sur ce rivage reconnaissant. — Maintenant le soldat mercenaire ne peut plus porter le coup fatal, — Le coup fatal dont il le menaçait.

<> Les jeunes filles, les graves matrones, — Celles que ton bras vainqueur a sauvées, — Tressent pour toi des couronnes; — Allons, mes belles, répandez des fleurs sur son chemin; — Répandez des fleurs sous les pas de votre héros!... »

Et, joignant l'action à la parole, elles jetèrent devant lui les fleurs de leurs corbeilles. Comme il approchait de New-York, une députation fut envoyée à sa ren-

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