‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 51 sur 96 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

WASHINGTON ET ADAMS

Washington et ceux qui l'aidaient dans le gouvernement eurent besoin de toute leur sagesse et de toute la confiance publique pour suffire à il tâche qui incombait : les affaire, de l'État étaient dans uni situa! t on déplorable, la dette publique énorme, le peuple mal dispose a payer l,s taxes; ies T ndien ,/JJ ment fort hostiles ; les pirates des États barbaresq ues attaquaient souvent les navires américains; enfin fes rapports du nouveau gouvernement avec l'Angleterre a France et l'Espagne n'étaient rien moins quY 2 faisants. Mais dans l'espace de quelques années tout changea: les finances lurent établies sur une base soude, les emeutiers et les Indiens furent mis à la raison et des traités signés avec Alger, l'Espagne et 1 Angleterre. Ce dernier, conclu en 1794 par John Jay renco n t ra une certaine opposition ehez plusieurs comme étant rop favorable à l'Angleterre, mais il finit par être ratifie et une ère de paix commença entre les deux nations Pendant cette longue prospérité, les événements de France causèrent cependant de fortes commotions dans les Etats-Unis. Une grande révolution avait éclate dans ce pays ami, et le succès de la guerre d Amérique n'y avait pas été 'étranger.

La vieille monarchie française était renversée • sur ses ruines, on s'efforçait d'établir une république. Malheureusement cette tentative avait conduit à de ternbles excès et à l'effusion du sang. L'Amérique en

.ij-*

WASHINGTON ET ADMIS

était fort émue, car la France avait été sa plus fidèle alliée durant la guerre de l'Indépendance, et voulait maintenant marcher sur ses traces, Lien que les moyens employés fussent très différents et que la fin dût être tout opposée. Deux partis se partagèrent, à cette époque, l'opiniou aux Etats-Unis : l'un d'eux, très fort, qui sympathisait de tout son cœur avec la Révolution française ; l'autre, considérahlc aussi, qui redoutait l'exemple et l'influence des Français, et eût désiré que le gouvernement américain ressemblât autant que possible à celui de l'Angleterre. Les admirateurs des Anglais étaient appelés communément Fédéralistes, tandis que ceux qui tenaient pour la France étaient désignés comme Républicains et plus tard comme Démocrates.

Washington, Hamilton et John Adams passaient pour des fédéralistes, tandis que Jefferson et Samuel Adams étaient démocrates. Cette opposition se mon trait même dans les questions de forme et d'étiquette officielle, dans la manière de vivre des fonctionnaires. Les fédéralistes, craignant que le nouveau gouvernement n'imposât point assez de respect, exigeaient certaines cérémonies, même du luxe. L'un autre côté, les démocrates redoutaient de voir le nouveau gouvernement devenir trop puissant, et qu'il ne détruisît les droits des États, qu'il ne prît les habitudes dispendieuses, aristocratiques répandues en Europe. Us se plaignaient du genre de vie trop fastueux de Washington, de son formalisme, et nous serions volontiers de leur avis, vous et moi, bien qu'il faille tenir compte de l'époque qui ne ressemblait guère à la nôtre. Ainsi, quand on avait discuté quel titre honorifique pourrait être donné au président, Washington s'était prononcé pour le mot « Sa Haute Puissance », dont on avait

COUlUmc de SO RArvir ni" il *

pression toutefois fut rejcleV on ? ' °T CX " W»« modeste d'Exceulnce ' " ***** h titre

Autre grief: lors des sessions du Congrès Wasbin,

on s y rendait en voiture d'apparat «W 1 T 8 ~

était celle d'un hémisphère à rZl ï, * f ° rme

enguirlandés de fleurfet rn s de f" ^^ Crème >

tant des amours, des festons! .te^e Tn^-

de deux seulement le dimant , 'T™' Gt

convives, admis l es uns après l eS a U l s T""' "> en présence du président,^ b ut™ de S^T* entouré des membres du cahinli p cheminée, nages considérables ^f es it"^ PenMm d'ordinaire un habit de veïour noï ? V^ Pe^ ou blanc, des gants jaune^ S^ff^

ra s^ts**- par de ™ d -

portait au côtd une ion Kue é elnZZ^T* " Manche. Jamais il ne tenda ht" g 6 de peaU « ornant à les ^^ ^ZïTZ

Washington avait aussi ses réceptions du soir auquel es on assistait en grande toilette. L'anniveSt a naissance du président était célébré ZZbâ quets et des réunions publiques dans tou es le ^at

^■HS

WASHINGTON ET ADAMS

des villes, ainsi qu'on avait coutume de le l'aire auparavant pour le roi d'Angleterre. A cette occasion, les poètes adressaient souvent des odes à Washington. Toutes ces choses, selon les fédéralistes, avaient leur importance en ce qu'elles rehaussaient le décorum et la dignité de la jeune République. Selon le parti adverse, au contraire, elles faisaient beaucoup de mal en perpétuant les traditions de la monarchie.

Rappelons-nous, pour juger le différend, que l'étiquette régnait alors dans toulcs les classes de la société, beaucoup plus qu'à présent, et que le déploiement des costumes d'apparat était tout autre : les juges de la Cour suprême, par exemple, portaient, l'hiver, des robes d'écarlatc à bande de velours, et l'été, d'amples robes de soie noire, telles qu'ils les ont encore aujourd'hui; les membres un clergé portaient des perruques, des robes et des rabats, en chaire, et en ville le chapeau à trois cornes. Chez les particuliers, le luxe de la toilette était presque aussi grand qu'avant la Révolution, bien que pour un temps le peuple fût devenu plus pauvre. Les dames se paraient de magnifiques étoffes de soie et de broderies qui sont encore conservées dans un grand nombre de familles américaines comme un précieux héritage; elles se poudraient; souvent leurs cheveux, artificiellement blanchis, s'élevaient en étages à une hauteur considérable au-dessus de la tète. Les coiffeurs étaient si occupés les jours de réceptions élégantes que les dames devaient, dés quatre ou cinq heures du matin parfois, réclamer leurs services, restant ensuite assises, immobiles le reste de la journée, afin de ne pas déranger leur coiffure.

Les hommes affichaient dans leurs habits une grande variété de couleurs et employaient à se vêtir les

Page 1