‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 59 sur 96 · ADMINISTRATION DE MONROE · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DE MONROE

fondé son comptoir de pelleteries. De plus en plus des habitants nouveaux arrivaient d'Europe. Il en vint 22,000 au moins en 1817, la dernière année de l'administration de Madison, c'est-à-dire deux fois autant que l'année précédente. Ce nombre, gui alors parut énorme, nous semble petit, aujourd'hui que l'émigration a pris un tel élan. Ainsi toute la nation était dans un état d'activité et de croissance extraordinaires.

Deux nouveaux États, la Louisiane (1812) et l'Indiana (1816) furent annexés à l'Union pendant la présidence de Madison, ce qui porta le nombre des Etats à dix-neuf en tout. La Louisiane fut formée de la partie méridionale du grand territoire acheté à la France quelques années auparavant. Cette partie sud s'était d'abord appelée Territoire d'Orléans, mais l'ancien nom de Louisiane, donné en l'honneur de Louis XIV, prévalut. Le nom à'Indiana vient des Indiens qui habitaient encore en grand nombre cette région.

Le président qui succéda à Madison fut James Monroe, de Virginie (1817-1825), qui s'était distingué dans la guerre de l'Indépendance et avait été secrétaire d'État sous Madison. Son administration a souvent été appelée l'ère du bon sentiment, parce qu'on vit cesser pour un temps toutes les dissidences de partis, aussi bien que toute guerre extérieure. On eut cependant des luttes à soutenir avec les Indiens Séminolcs de la Floride, car, bien que la Floride no fît pas encore partie des Etats-Unis, elle touchait à la Géorgie, et les Indiens de la Floride, qui avaient en grand nombre épousé des esclaves fugitives, commettaient souvent des déprédations sur la frontière. Le général Jackson essaya en vain de les réduire ; pour

y parvenir, il fit marcher ses troupes dans la Floride, quoiqu'elle fût encore C3lonie espagnole. Des discussions eurent lieu à ce sujet avec l'Espagne ; elles se terminèrent en 1819 par un traité qui donnait la Floride aux Etats-Unis, moyennant une somme de cinq millions de dollars.

Ce fut pour la République un accroissement de superlicic de près de 67,000 milles carrés, bien que la Floride ne dût être érigée en Etat que plusieurs années après.

Mais pendant cette ère du bon sentiment , on vit surgir une cause de troubles beaucoup plus grave que toutes celles qui avaient auparavant aflligé la nation naissante : ce fut la question de l'esclavage. Depuis 1619, époque à laquelle le premier vaisseau négrier avait débarqué sa noire cargaison en Virginie, l'esclavage avait continué de plus en plus à être posé en système dans les États du sud de l'Union, tandis que les États du nord se montraient de plus en plus disposés à le supprimer comme un fléau. Quand la Constitution fut élaborée, on supposait que l'esclavage était appelé à disparaître promptement et que l'unique motif de trouble à prévenir était la rivalité entre les petits et les grands Etats do l'Union. C'était une erreur; rien ne lut comparable à l'hostilité qui éclata par la suite entre les États esclavagistes et les Etats anti-esclavagistes. Sous l'administration de Monroe, de nouveaux États se formèrent rapidement sur le territoire encore non colonisé de la région de l'ouest, et il devint alors très important de s'assurer si on les accepterait avec ou sans l'esclavage.

Durant un certain temps, les États esclavagistes et anti-esclavagistes furent admis alternativement; l'ordonnance de 1787 avait bien prohibé l'esclavage

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