‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 66 sur 96 · ANNEXION DU TEXAS · texte numérisé non relu

ANNEXION DU TEXAS

l'Illinois, ils gagnèrent de là le territoire d'Utali et fondèrent dans ces régions jusqu'alors inexplorées un établissement considérable qui dure encore.

Pendant l'administration de John Tyler, la Floride fut annexée à l'Union, ainsi qu'il a été dit plus haut. La Floride renfermait des établissements plus anciens que tous ceux des États-Unis, la -ville de Saint- Augustin remontant à l'ancienne colonie espagnole de 1565. Ce pays, tour à tour réclamé par les Espagnols, les Français et les Anglais, avait finalement été cédé aux États-Unis par l'Espagne en 1819. Pendant nombre d'années, il fut administré comme simple territoire, mais en 1845, on l'admit parmi les autres États de l'Union Cet événement arriva le jour anniversaire de sa découverte, qui avait eu lieu jadis le dimanche des Rameaux, appelé par les Espagnols Pascua Florbla ou Pâques Fleuries.

Mais l'événement capital de la présidence de Tyler est sans contredit l'annexion d'un État étranger, le Texas. Cette région avait été explorée pour la première fois en 1684 par La Salle, alors qu'il cherchait l'embouchure du Mississipi. Depuis cette époque, elle était devenue un sujet de discorde entre les peuples qui en revendiquaient la possession. D'abord, les Espagnols et les Français se la disputèrent et y fondèrent des établissements rivaux sous forme de missions religieuses. Plus tard, la grande province du Texas se révolta contre le Mexique cl se posa en Etat indépendant. Les Américains aidèrent à assurer cotte indépendance, car plusieurs colonies américaines considérables s'étaient lixées au Texas, et les colons avaient amené leurs esclaves avec eux; or, l'esclavage était aboli au Mexique. Les États du sud-ouest surtout témoignaient leurs sympathies à l'égard du Texas et

un désir très vif de l'annexer définitivement à l'Union. D'autre part, les Etats anti-esclavagistes en général s'opposaient à son admission, Calhoun, le principal meneur du parti esclavagiste, ayant déclaré franchement que l'objet de cette mesure était de maintenir les intérêts de l'esclavage, d'étendre son influence et d'assurer sa perpétuelle durée. Cette prétention paraissait vraisemblable en effet, car le Texas était une immense région d'une superlicic de 318,000 milles carrés, c'està-dire plus grand à lui seul d'un tiers que les treize colonies originelles, quarante-quatre fois plus vaste que le Massachusetts et deux fois plus étendu que les Etats de New- York, de la Pennsylvanie et de l'Ohio réunis. S'il était admis comme esclavagiste, la cause de la liberté semblait devoir être à tout jamais répudiée par le gouvernement. Ces considérations expliquent assez l'opposition passionnée qui fut faite à l'annexion du Texas, laquelle cependant eut lieu définitivement vers la fin de la présidence de Tyler. Une double résolution à cet effet fut votée à la Chambre des représentants le 25 février 184% et au Sénat le 1 er mars; elle fut sanctionnée parle Président dans les quatre jours qui précédèrent sa retraite du pouvoir. De cette façon un immense territoire se trouvait annexé à la République, qui dut toutefois prendre à sa charge la dette du Texas s'élevant à sept millions et demi de dollars, ce qui parut une somme énorme d'autant qu'elle n'assurait que des avantages fort douteux.

De là un jeu de mots qui eut cours à cette époque, comme si « Texas » n'était que « Taxes » avec deux lettres interverties.

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