PREMIERS SYMPTOMES DE LA GUERRE CIVILE TAYLOR. — FILLMORE ET P 1ER CE
Lors de l'élection présidentielle, le parti whig, qui s'était opposé à la guerre du Mexique, jugea qu'il fallait nommer président celui des généraux qui avait été le plus heureux durant cette même guerre, Zacliary Taylor, de Louisiane. Taylor était très populaire parmi ses soldats qui l'avaient surnommé le vieux Risque-tout (old Rough and Ready). Rien qu'il eût contre lui le parti démocratique et le parti nouveau du Sol libre, il fut élu président et entra en fonctions le 5 mars 1849. Il mourut un an après, le 9 juillet 1850, et le vice-président Millard Fillmore, de New- York, tint sa place pour le reste du terme présidentiel (1850-1853).
La lutte anti-esclavagiste avait acquis à cette époque des proportions considérables devant le Congrès, et une tentative fut faite par Henry Clay, du Kentucky, orateur d'une rare éloquence, pour en finir une bonne fois à l'aide d'une série de mesures dites « de compromis ».
Ainsi la Californie fut admise comme État anli-
esclavagiste et la traite des noirs fut abolie dans le district de Golumbia.
Par contre, on introduisit un bill appelé la loi des esclaves fugitifs qui permettait aux propriétaires de poursuivre les esclaves échappés de chez eux dans quelque endroit que ce fût des États non esclavagistes et de les reprendre sans verdict de jury, ce que beaucoup de gens jugèrent inconstitutionnel aussi bien qu'inhumain. Les principaux chefs du parti anti-esclavagiste tels que Charles Summcr, Horace Mann, Wcndell Phillips et Théodore Parker dénoncèrent cette dernière mesure et y firent une vive opposition, mais elle fut appuyée par quelques hommes d'Etat émérites du nord, comme Daniel Webster, par exemple, et elle passa au rang de loi (18 septembre 1850). Cette loi provoqua une agitation plus passionnée encore que toutes celles qui s'étaient déjà produites au sujet de la question de l'esclavage. A Syracuse (New-York), un esclave fugitif nommé Jerry fut délivré de force des mains des agents du gouvernement ; à Boston, la même chose arriva pour un nommé Shadrach, et une tentative fut faite en vue de sauver un troisième marron, Anthony Burns. Il y eut des hommes tués dans cette dernière affaire, et la troupe dut être requise pour aider à reprendre l'esclave. Dans l'Ohio,une fugitive nommée Margaret Garner tua de sa propre main deux de ses enfants, afin de leur épargner lus misères de l'esclavage. Plusieurs Etats de l'Union émirent des résolutions pour restreindre ou paralyser l'action de la loi sur les esclaves fugitifs, et pour assurer au moins le bénéfice d'un jugement par jury aux malheureux ainsi réclamés. Ces mesures de compromis forment le trait le plus saillant de l'administration de Fillmore.
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