‹ Histoire des États-Unis, racontée à la jeunesseChapitre 72 sur 96 · SYMPTÔMES DE GUERRE CIVILE · texte numérisé non relu

SYMPTÔMES DE GUERRE CIVILE

Du reste, sa présidence fut paisible; on compta une nouvelle annexion à cette époque: l'État de Californie fut formé en 1850 du territoire acquis à la suite de la guerre du Mexique. Les deux territoires du Nouveau-Mexique et d'Utah furent aussi organisés aux dépens de la même acquisition.

La population du Nouveau-Mexique était presque tout entière d'origine espagnole et l'Utah avait été colonisé par la secte religieuse des Mormons dont le chef, Brigham Young, fut désigné par le président comme gouverneur du territoire. Le recensement de 1850 donna pour la nation tout entière le chiffre de. 23,191,876 habitants.

Le président Fillmore avait été élu comme whig, bien que l'agitation anti-esclavagiste fût en train d'effacer de plus en plus les nuances des vieux partis politiques. Son successeur, Franklin Pierce, du New- Hampshire, était un démocrate (1853-1857). Sous sa présidence, la même agitation exista, en augmentant toujours, grâce aux efforts des partisans de l'esclavage pour renverser le fameux compromis du Missouri, comme on appelait la loi passée en 1820 et qui prohibait l'esclavage au nord d'une certaine ligne tracée jadis dans le vaste domaine de la Louisiane. On proposait de prendre sur cette région, où la liberté avait régné jusque-là, deux nouveaux territoires appelés le Kunsas et le Nebraska et de laisser aux habitants le soin de décider eux-mêmes s'ils voulaient ou non établir chez eux l'esclavage.

Ce changement de politique rencontra une vive résistance auprès du parti anti-esclavagiste, et plus de trois mille membres du clergé de la Nouvelle-Angleterre adressèrent au Congrès des pétitions pour s'y opposer; mais, malgré tout, il prévalut le 30 mai 1854.

Comme cette loi laissait aux colons le droit de décider eux-mêmes leurs institutions, il parut également nécessaire tant aux partisans qu'aux adversaires de l'esclavage, d'encourager l'émigration dans les nouveaux territoires. Des groupes de colons s'organisèrent donc sur différents points de l'Union. Ceux qui partirent des États non esclavagistes venaient en général se fixer définitivement avec leur famille tandis qu'un grand nombre d'autres partirent des Etats esclavagistes, sans autre but que celui de prendre part aux émeutes et de contribuer à l'établissement de l'esclavage. C'était surtout le cas d'une certaine catégorie de Missouriens que l'on vit en tout temps franchir la limite du Kansas, commettre des déprédations et puis repasser la frontière sans être inquiétés. Ces envahisseurs d'un nouveau genre sont connus sous le nom de Ruffians de frontières. Ils rendirent pendant un certain temps la navigation du Missouri impossible pour tous les colons non esclavagistes, forçant ceux-ci à faire un long et fatigant parcours à travers l'État d'Iova. Les autorités des États-Unis, après avoir soutenu tour à tour les deux partis, avaient fini par marquer leur préférence aux esclavagistes. Tous les gouverneurs envoyés successivement de Washington durent se démettre. Deux gouvernements séparés furent institués et deux codes différents adoptés par les colons. Bientôt on en vint aux mains : les chefs militaires des États libres, Lane, Montgomery et d'autres organisèrent des bandes pour protéger leurs établissements, et le capitaine John Brown prit une part active à la défense. A Ossawattomie, par exemple, il lutta avec seize hommes contre plusieurs centaines de maraudeurs du Missouri. Sa petite troupe blessa et tua quatre fois autant d'hommes qu'elle en comptait

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