ATTAQUE DU FORT SUMTER
Washington. Un navire à vapeur, l'Étoile de l'Ouest, portant deux cent cinquante hommes, fut envoyé à Charlestown dans le courant de janvier, mais il essuya le l'eu du fort Moultrie, où les insurges avaient place" une garnison. Alors des batteries furent dressées sur le rivage, et, le 11 avril, le général Beaurcgard, commandant les troupes rebelles, somma le fort Sumtcr d'avoir à se rendre. Sur le refus de la garnison, les batteries ouvrirent contre le fort, dès le lendemain matin, un feu qui dura deux jours sans interruption. Le second jour à minuit, le major Anderson se rendit, ses quatre-vingts hommes étant à bout de forces, ses casemates incendiées et sa provision de poudre presque épuisée. Il stipula qu'il lui serait permis de sortir, tambour en tète, enseignes déployées, et d'emmener avec lui tout son matériel. Ceci se passait le dimanche 14 avril. Le brave commandant salua de cinquante coups de fusil le drapeau des États-Unis avec ce qui lui restait de poudre.
La première attaque contre le fort Sumter avait fait naître une vive émotion dans tout le peuple, et nombre de gens qui auparavant exprimaient leur sympathie pour les esclavagistes, passèrent alors du côté de ceux qui voulaient maintenir l'Union. Cet événement impressionna non moins profondément les Etats du sud; des actes de sécession furent passés dans la Caroline du Nord, la Virginie, l'Arkansas et le Tennessee. Dans tous ces États, la population de couleur prit parti pour l'Union à l'unanimité, mais étant composée presque tout entière d'esclaves ignorants et désarmés, elle compta d'abord pour peu de chose. Il y avait aussi dans quelques-uns de ces États bon nombre de blancs qui désapprouvaient la sécession;
mais ils furent généralement réduits au silence ou expulsés. Cependant le président Buchanan ne montrait pas autant d'énergie que l'eût comporté la situation, et ce fut au milieu d'un tumulte croissant qu'il céda la place à Lincoln.
Sous son administration, trois nouveauxÉtats avaient été annexés à l'Union : le Minnesota (1858), l'Orégon (1859) et le Kansas (1861) ; les deux premiers, formas principalement du territoire gagné par l'acquisition de la Louisiane, reçurent les noms indiens des cours d'eau qui les traversent. L'Orégon fut formé du territoire qui avait été assuré aux États-Unis par le traité des frontières conclu en 1846; son nom d'Orégon lui vient, dit-on, du mot oregemo, qui signifie riz sauvage ; cette plante pousse à profusion sur la côte du Pacifique.
D'après le recensement de 1860, la population des États-Unis s'élevait sous l'administration de Buchanan à 31,443,321 habitants.