‹ histoire des EtatsUnisChapitre 7 sur 103 · DÉCLARATION DE SÉCESSION DE LA CAROLINE DU SUD · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE SÉCESSION DE LA CAROLINE DU SUD

(20 décembre J860, après l'élection de M. Lincoln, mais avant

son installation.)

o Et maintenant que l'État de la Caroline du Sud a repris au milieu des nations sa place de peuplo séparé et distinct, il se doit à lui-môme, il doit aux autres États de l'Union, il doit aux autres nations du monde, de déclarer les causes immédiates qui l'ont conduit à cet acte (de séparation).

• Nous tenons que... notre Gouvernement est un contrat; que dans tout contrat l'obligation est mutuelle; que, lorsqu'une des parties refuse d'exécuter son engagement, l'autre

IIe IRÇON. — OBJECTIONS. 47

partie est relevée de son obligation; et que, lorsqu'il n'y a pas d'arbitre suprême, chacune des parties est remise à sou propre jugement pour décider ce qu'il lui convient de faire et en accepter les conséquences.

« Dans le cas présent le fait est certain. Nous affirmons que quatorze des États ont délibérément refusé depuis plusieurs années de remplir leurs obligations constitutionnelles, et, pour la preuve, nous nous en référons à leurs propres lois.

« ... Suivant la constitution fédérale, chaque État était reconnu comme l'égal de6 autres, et il avait le seul contrôle de ses propres institutions. Le droit de propriété sur les esclaves avait été reconnu par la constitution, qui accordait aux personnes libres des droits politiques distincts, qui leur donnait droit de représenter les esclaves pour trois cinquièmes, qui autorisait l'importation des esclaves pour vingt ans (1787-1808), qui stipulait qu'on rendrait les fugitifs.

« Nous affirmons que ces objets pour lesquels le Gouvernement a été institué n'ont pas été remplis , que le Gouvernement lui-même les a détruits par l'action des États qui ne possédaient point d'esclaves. Ces États se sont arrogé le droit de décider sur la convenance de nos institutions domestiques ; ils ont dénié le droit de propriété établi dans quinze États, et reconnu parla constitution; ils ont dénoncé l'institution de l'esclavage comme un péché devant Dieu ; ils ont permis chez eux l'établissement public de sociétés dont l'objet avoué était de troubler la sécurité et d'attaquer la propriété des citoyens des autres États. Ils ont encouragé et aidé des milliers d'esclaves à quitter leurs foyers; et, quant à ceux qui restent, ils les ont poussés à une insurrection servilcau moyen d'émissaires, de livres et de gravures.

w Depuis vingt-cinq ans cette agitation n;a fait qu'augmenter, jusqu'à ce qu'elle ait fini par s'assurer l'appui du Gouvernement central. Tout en respectant les formes de la constitution, un parti a trouvé dans l'article qui établit le pouvoir

48 LIVItE III. — - CONSTITUTION.

exécutif le moyen de détruire la constitution elle-même. On a tiré une ligne géographique au travers de l'Union, et tous les États au Nord de cette ligne se sont unis pour élire à la haute fonction de Président de l'Union un homme (Ahraham Lincoln) dont les opinions et les intentions sont hostiles à l'esclavage. On va le charger d'administrer l'Union parce qu'il a déclaré que ce gouvernement ne peut pas toujours durer moitié libre et moitié esclave, et que l'opinion compte enfin que l'esclavage va s'éteindre.

« Le 4 mars 1861, ce parti prendra possession du Gouvernement... Les garanties de la constitution n'existeront plus; l'égalité des États sera détruite. Le Gouvernement fédéral sera devenu l'ennemi des États possesseurs d'esclaves... Tout espoir de conciliation est perdu, car l'opinion publique dans le Nord a donné à une grande erreur politique la sanction d'une croyance religieuse encore plus erronée.

« Nous donc, le peuple de la Caroline du Sud, en appelant de la rectitude de nos institutions au Juge suprême de l'univers, nous déclarons solennellement que l'union jusqu'ici existante entre nous et les autres États de l'Amérique du Nord, est dissoute, et que la Caroline du Sud reprend sa place au milieu des nations comme Liât séparé et indépendant !. »

Et maintenant, renvoyez-les à la Déclaration de la Caroline, ceux qui vous diront que l'esclavage n'est pas la cause réelle de la séparation.

Je ne prolongerai pas cette discussion; j'en ai dit assez pour prouver que la constitution n'est pas la cause de la dissolution de l'Union , et qu'elle surnage au-dessus de tous les partis. En voulez-vous une dernière preuve? La voici :

Page 1