BIENNE, SAINT -IMIER PASSENT A LA REFORME
de Bienne avait acquis l’avouerie du chapitre de Saint-Imier. En outre, le maire et le conseil de Bienne exerçaient, au nom de l'évêque de Bâle, la souveraineté temporelle dans l’Erguel qui marchait sous leur bannière. Le maire de Bienne y rendait la justice une fois chaque année. 1 Ces relations si intimes entre Bienne et Saint-Imier devaient favoriser l’introduction de la réforme dans la vallée delaSuze.
Dès le 22 mars 1529, le conseil de Bienne invita tous les prêtres de l’Erguel à se rendre à Bienne pour y rendre compte de leur foi. Le prévôt de la collégiale de Saint-Imier, Jean Belleney, était compris dans cette assignation insolente. 2 11 se hâta de se rendre à Porrentruy, sa ville natale, pour prendre l'avis de l’évêque de Bâle. Il ne put que recommander, par une lettre d’avril 1529, son chapitre à la bienveillance des Biennois et réclamer contre la suppression dont il était menacé. 3 De leur côté, les chanoines de Saint-Imier joignirent leurs représentations à celles du prévôt par une supplique en date du 5 avril. Les curés, menacés par les Biennois, recoururent également à l’évêque de Bâle, leur seigneur et prince, pour implorer son secours contre les nouveautés de Bienne. 4 Philippe de Gundelsheim réclama énergiquement auprès du conseil de Bienne, en revendiquant le maintien dans l'Erguel de la religion catholique que ses habitants voulaient conserver. Le conseil répondit à l’évêque en envoyant, le 25 avril 1529, une députation à Porrentruy pour essayer de justifier sa conduite. 5 II n'en poursuivit pas moins son œuvre, malgré la volonté du clergé et du peuple hautement manifestée. En juillet 1529, le peuple fut consulté sur le changement de religion ; il se prononça poulie maintien de la vieille foi catholique.
Devant cette résistance, Bienne implora l’appui de Berne qui, dès le 23 juillet, prit des mesures efficaces pour appuyer les efforts des Biennois. l'Erguel une députation de cinq membres, soigneusement choisis, chargés de parcourir le pays de village en village, pour haranguer le peuple, supprimer la messe et détruire les images. 6
Partis de Bienne, les nouveaux apôtres arrivent à Péry et à la Honte le 6 mars 1530. Là ils réunissent le peuple et lui annoncent que le colloque de Berne a démontré que la messe et autres choses semblables sont inutiles et sans efficacité devant Dieu, que le gouvernement de Bienne a supprimé tous ces offices inutiles et les a remplacés par un service chrétien, selon la parole de Dieu. Sur la demande qui fut ensuite adressée à l’assemblée, si elle voulait admettre l’évangile de Dieu, comme les Seigneurs de Bienne, on délibéra longuement, puis on répondit que si le conseil de Bienne ordonnait la suppression des images, on obéirait, sinon qu’on voulait les conserver. 7 Sombeval et Courtelary firent la même réponse. A Saint-Imier par contre, et dans les autres villages, on refusa nettement la suppression de la messe et des images. 8
1 Blôsch. Gesehichte der Stadt Biel p. 102. = 2 Ibid., p. 123. = 3 Ibidem. — Archives de
Bienne, CXXVI. = 4 Blôsch, p. 124. = 5 Ibid. — Protocole du conseil de Bienne. = * Blôsch. p. 12S. =
T Rapport du 6 mars 1530. — Blôsch, p. 129. = 8 Ibid. — Archives, GXXIX, 29.
Le réformateur Haller.
On résolut d’envoyer dans