BELLELAY ET LA MONTAGNE RESTENT CATHOLIQUES
Pour les paroisses réformées dont Bellelay avait la collature, l'abbaye dut fournir des pensions aux ministres qui avaient remplacé les curés. Berne imposa sa volonté à ce sujet. Sur ses instances, l’évêque de Bâle, étant à Bellelay en juillet 1530, pour présider l'élection de l’abbé Jean Gogniat de Bellefond, régla l’affaire des pensions des prédicants. 1 Pour celui de la Neuveville, une convention fut signée dans cette ville, le 39 août 1533, entre les bourgeois et l’abbé de Bellelay. L'abbaye continua à percevoir la dîme à la Neuveville, mais elle devait procurer au pasteur un logement et un jardin et lui donner chaque année cent cinquante livres en argent, six mesures de vin du pays et cinq boisseaux de blé de vingt-quatre setiers chacun.
Quatre ans plus tard, en novembre 1537, Neuveville fit de nouvelles instances auprès de Bellelay pour pourvoir suffisamment au traitement du ministre. Pierre deGleresse écuyer, châtelain et maire, et le conseil de la ville envoient deux députés
L’abbaye de Bellelay dans son état actuel.
à Bellelay pour s’entendre à l’amiable avec l’abbé et le couvent. L’abbaye consentit attribuer au ministre toute la prébende de la Neuveville avec quatre mesures de bon vin blanc et six livres de rente, au temps des vendanges. En outre, on assura au prédicant une vigne près du cimetière de la Blanche Église. 2 Cette augmentation est assurée au prédicant et à ses successeurs à perpétuité.
Des conventions furent également faites entre les parties intéressées, concernant les cures de Tavannes, Perles et Bévilard qui avaient embrassé la réforme. 3
Farel essaya de prêcher le nouvel évangile aux Franches-Montagnes en 1556. Le 10 décembre de cette année', accompagné du prédicant de Saint-Imier, Jean Dupasquier, il parut à Saignelégier. Aussitôt les maîtres-bourgeois de la Montagne se présentent au logis des deux prédicants et leur demandent au nom de qui et
1 Philippe de Gundelsheim bénit l’abbé Jean Gogniat (1540) dans l’église de l’abbaye de Lucelle. — Saucy. Histoire de Bellelay, p. 107. = 2 „ Chaque prédicant doit salutairement et en toute diligence instruire le peuple de la dite paroche de la parole divine et administrer les sacrements selon la reconfirmation chrétienne, acceptée et tenue en la dite Neuveville et le contenu de la Sainte Écriture à la
louange de Dieu et salutation des àmes.“ G. Revel, La Neuveville. Actes de la société d’émulation.
1857. p . 175. — 3 Saucy, Histoire de Bellelay, p. 1 10.