RACHAT DE PORRENTRUY
Jean de Venningen trouva le château de Porrentruy dans un état complet de délabrement. Il le rebâtit entièrement, l’agrandit, le fortifia, et le meubla avec tant de magnificence qu’au témoignage de Nicolas Gerung, l’historiographe contemporain, il était digne de loger un pape ou un empereur (1465). 1 Plus tard, l’évêque y fit encore construire une chapelle qu’il dédia à Dieu le Père et à son Fils notre Sauveur, à la gloire du divin sacrement, de la Sainte-Croix, de la glorieuse Vierge Marie, des anges et des archanges, des Trois-Rois, et de tous les saints (1478). 2
Sur la demande de Jean de Venningen, le pape Pie II avait accordé à tous les châtelains ou gardiens des châteaux de l’évêché de Bâle, la faculté d’avoir dans leurs résidences un autel portatif et d’y faire célébrer la messe et les divers offices pour eux et leurs domestiques. En lui accordant cette faveur, le souverain pontife voulait témoigner la bienveillance paternelle qu’il devait au dévouement et aux mérites de l’évêque de Bâle (21 mars 1460). 3 Ce fut encore sur la demande de Jean de Venningen que Pie II autorisa par une bulle, l’usage du beurre pendant le carême, à tous les habitants de l’évêché de Bâle (1463). 4 Jusqu’alors cet aliment était absolument interdit pendant la sainte quarantaine et l’évêque Arnold de Rotberg avait fait un cas réservé de cette infraction à la discipline ecclésiastique. 5 La bulle du pape fut publiée le 29 mai 1463. Les diocésains durent en retour payer durant trois ans à l’evêque de Bâle, chacun quatre deniers stebelers. 6
A la même époque, Pie II accorda encore pour cinq ans une indulgence plénière pour tous ceux qui visiteraient la cathédrale de Bâle le jour de la Nativité de la Ste Vierge et les huit jours suivants et fourniraient quelque subside pour les réparations de cette église. 7 Déjà en 1459 (23 mars) sur la demande du doyen de la cathédrale, Jean Wernher de Flachsland, camérier secret du pape, Pie II avait accordé des indulgences spéciales à ceux qui contribueraient de leurs deniers à la réparation et à l’entretien de la chapelle de Sainte-Barbe à Trimbach. Ces indulgences pouvaient être gagnées aux fêtes de la Conception de la Ste Vierge, de Ste Barbe et de S. George. 8 Un autre membre de la noble famille de Flachsland, l'abbesse de Sultzberg, au diocèse de Constance, eut recours au souverain pontife contre le marquis Charles de Baden qui molestait cette abbaye. Pie IL par une bulle du 26 octobre 1460, recommanda Marguerite de Flachsland à l’évêque de Bâle qui était supérieur ordinaire de ce monastère et avait le droit et le devoir de le protéger contre ses ennemis. 9
Le pape Pius II,
d'après une vieille médaille.
1 , ... de novo quasi funditus ædificavit, ita sumptuose quod sufficeret papæ aut imperatori."
X. Gerung. Chron. epp. in scrip. min. rer. Basil., p. 350. = 2 Voir l’inscription trouvée sur une pierre
carrée faisant partie du mur de la chapelle du château de Porrentruy, lors de sa démolition en mai
1804. — Monuments, t. V. p. 526. = 3 „Personam tuam Nobis et apostolice Sedi devotam tuis exigen-
tibus meritis paterna benevolentia prosequentes/ De l’original, aux archives de l’ancien évêché de
Bâle. = 4 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 830. = 5 N. Gerung, Chron. ep. Basil., p. 348. = 6 Henr.
Minor. Flores temporum. — Script, rerum Basil, min., p. 351. = 7 N. Gerung, Chron. ep. Basil., p. 351. =
8 Aux archives de l'ancien évêché de Bâle. = 9 Ibidem. — Le Liber marcarum mentionne expressément
ce droit de protection de l’évêque de Bâle sur le couvent de Sultzberg. Lib. marc., p. 84.