DROITS DE L'ARCHIDIACRE DE MOUTIER
donneront aux quatre hautes fêtes de salaire aux bergers une miche de pain pour qu’ils prennent garde de leurs bestiaux.
12° Les hostes ou hostesses (aubergistes) doivent donner du vin à chacun pour son argent comptant, le jour tout le long et la nuit jusqu’à neuf, ou au plus tard jusqu’à dix heures. Si l’aubergiste est surpris outre l’heure avoir donné vin, carte, dais ou chandelles, il doit être châtié pour vingt sols. On ne doit pas faire crédit de plus de dix sols de dépenses.
15° Tous les sujets résidants dans les treize francs villages doivent prendre toutes mesures dans la ville de Delémont, à savoir le penal, demi-penal, l’escuelle, l’aune, la channe, poids et balance de ce que l’on pèse la chair et autres denrées.
16° Les femmes ne peuvent être amendées plus haut que vingt sols.
22° Chaque habitant doit moudre dans le moulin du village où il réside. S’il moud ailleurs, il doit payer tout de même le salaire au meunier de son village.
24° Toutes les fois que l’on sonnera la cloche d’alarme dans un des dits villages, on doit y courir, fût-on au bois, joux ou ès champs, sinon, on sera puni d’amende.
25° De toute ancienneté, il est permis à un sujet du vaux de Delémont d’aller sur la montagne du Raimeul, appartenant au seigneur évêque, de monter sur un arbre, de cet arbre •sur un autre, du second sur un troisième et delà jeter son vouge (grande serpe) ou saichatte (hache) et si loin qu’il l'aura jeté, il peut tout autour de l’arbre d’où il l’aura lancé, prendre la terre qui lui appartiendra à lui et à ses héritiers à perpétuité. S'il veut plus de terre que le coup n’en a marqué, il devra s’adresser pour cela au seigneur évêque
Tel est en substance le rôle de 1562, approuvé par l’évêque Melchior de Liechtenfels, le 9 mars de cette année, pour être désormais le code immuable des treize francs villages de la châtellenie de Delémont. 1 On y trouve une organisation que notre siècle pourrait envier à cette époque si méconnue et si calomniée. Les rapports du seigneur avec ses sujets sont pleins de condescendance et rien ne rappelle le despotisme cruel dont certains historiens nous ont fait un si horrible tableau. Les villages ont leurs droits bien définis, très-propres au développement de la liberté publique et de l’aisance générale. On comprend en étudiant ce précieux document que les treize francs villages de la vallée de Delémont avaient réellement des franchises qui devaient favoriser le bien-être de ses habitants et assurer la prospérité de ces communes.
En même temps qu'il fixait le rôle des treize francs villages, le même évêque de Bàle, Melchior de Liechtenfels, voulant mettre tin aux débats qui s’étaient élevés entre l’archidiacre de Moutier, Jean Jaicquat, et les paroisses du chapitre de Saügnon, réglait les droits de l’archidiacre et les devoirs des paroisses. L’archidiacre du chapitre de Moutier possédait de temps immémorial le droit de visiter, chaque année bissextile, les paroisses faisant partie du chapitre de Salignon. Par acte du 1er octobre 1565, l’évêque de Bâle, sur le rapport des commissaires nommés (kJ hoc, dressa comme suit le rôle de la visite des paroisses de la vallée de Delémont par l’archidiacre de Moutier :
Melchior de Liechtenfels.
1 Nous possédons une copie originale de ce rôle de 1562. Voir l'original aux archives de Delémont.