‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 119 sur 612 · CHAPITRE XXXIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIT

1° La visite doit être faite pendant l’avent ou environ. Elle est annoncée aux paroisses deux dimanches avant le jour fixé.

2° L’archidiacre doit loger chez le curé, lui, sa suite et ses chevaux; ils seront aimablement reçus. Les frais de nourriture sont à la charge de l’archidiacre.

3° Le visiteur doit d’abord se transporter sur le cimetière et sûrement regarder si l’église, le chœur, la tour des clochers et la chambrette (sacristie) sont suffisamment couvertes. Si besoin est, l’archidiacre ordonne de faire les réparations convenables. Si le chœur de l’église n'est pas couvert, le curé qui est tenu de couvrir le chœur de son église paroissiale aura ordre de le couvrir.

4° Si les réparations à faire dans le toit de l’église ne dépassent pas deux sols, ce sont les paroissiens qui doivent les faire. Au-dessus de cette somme, ce sont les collateurs de l’église.

5° Ensuite l’archidiacre entre dans l’église; il examine les murailles, fenêtres, portes et fermetures, les repositoires de la sainte eucharistie, des saintes huiles, du saint cresme, la pierre des fonts et autres semblables, et donne aux paroissiens l’ordre de faire les réparations convenables.

6° L’archidiacre peut visiter les autels et si aucune faute (manque) se trouve soit des livres, calices et d’autres ornements d’église, il ordonnera aux paroissiens d’y pourvoir.

7° L’archidiacre doit s’informer des paroissiens si leur curé les dessert soit en disant la messe, ou annonçant la parole de Dieu, ou en administrant le saintsacrement, de l'autel. Si le curé est en défaut, l’archidiacre en avertit l’official.

8° Après le divin service de la messe, les paroissiens demandent à l’archidiacre de leur accorder un procureur et un conseiller qui lisent leur rôle. L'archidiacre doit le dîner à ces deux représentants de la paroisse, au curé et au clavier (sacristain).

9° Les paroissiens prêtent à l’archidiacre le serment de lui être obéissants.

10° L’année bissextile commence le jour de St. Mathias (24 février). Celui qui aura ouvré et rompu (transgressé) l’une des quatre hautes solennités, Noël, Pâques, Pentecôte, Toussaint ou une des quatre fêtes de Notre-Dame, Purification, Annonciation, Assomption et la Nativité, ou une des fêtes des douze apôtres, ou l’Ascension, la fête du Corps de Notre-Seigneur (la Fête-Dieu) ou le jour du patron de la paroisse, sera puni d’une amende de soixante sols à l’archidiacre. Toutefois si les paroissiens, pour leurs nécessités, doivent, sur les dites fêtes, chercher les foins avec chars et chevaux, ou si quelques marchands et charretons doivent aller hors de la châtellenie de Delémont pour quérir ou amener du vin, pain et autres marchandises, au profit de la république, aussi les gens de métier, lesquels méliorent leurs chars et harnachements sur les chemins, ceux-là ne sont pas amendables.

Semblablement, si de foinesons ou de moissons, il y avait un tonnerre ou dangereux temps devant main, alors les paroissiens peuvent se transporter vers leur curé, et si celui-ci leur permet de charroyer à la maison les biens qui sont sur terre, afin qu’iceux ne viennent perdus ni gâtés, alors pourront-ils faire cela, sans contradiction ni empêchement de l’archidiacre.

I 1° Chaque paroissien est tenu d’offrir un bon denier à son curé, à Noël, Pâques, Pentecôte et Toussaint.

12° L’adultère, la fornication sont punis d’une amende de soixante sols.

13° S’il y a un lépreux dans la paroisse, il a un mois pour quitter sa maison.

MORT DE MELGHIOR DE LIECHTENFELS

Les paroissiens doivent lui fournir une maisonnette, un mantel, des gants et une traivelle (crécelle).

14° Si on a enlevé une borne, l’archidiacre peut la faire remplacer dans quinze jours sous peine de soixante sols.

15° Si un paroissien par trois dimanches l’un après l’autre n’a pas été en l’église de la paroisse, là où que l’on avait célébré messe, il doit être puni d’une amende de soixante sols.

17° Les jeunes compagnons et les filles non mariées ne peuvent être punis que d'un quartaut de vin d’amende.

18° On doit à l’archidiacre une amende générale de trois livres.

19° Toutes les causes portant amendes doivent être vidées dans les murs de l’église.

D - O ♦ M ♦ REVERENDISSIN- CHRO • P ♦ AC ♦ D IVO D-MeLCHIORI*EX> K OBI L I ♦ FA AAI LIA

de-Ltechtenfels • ep o • Basilien DICNISS-QVI-INTERvMAXIMAS» VARIA RV*RERV*AC' CRASSATIVPl'TVM. ♦ HÆ B ESVM.-DIFFIC.VL TATES EPIS COPATVM XXA.NN1S-MÇNSIS-VII • ET • D I ER»V11I FELICISSME*ADMlNlSTRAVIT‘lACOBVS CHRISTOPHORVS-SV CCESSOR-PI Ë TATIS ERG O -FE • C VI -D E VS • PRE ME R.- 1 M*ÆV V- AZM E

Épitaphe de l’évêque Melchior de Liechtenfels à l’église de Porrentruy.

30° Tout absent sans motif de la visite doit à l’archidiacre une amende de soixante sols.

Tels sont les points principaux qui marquaient la visite de l’archidiacre, Jusqu’en 1793, cette visite, qui avait une grande importance pour la bonne tenue des paroisses de la vallée de Delémont, eut lieu à chaque année bissextile. Le rôle de 1566 fut observé scrupuleusement par l'archidiacre de Moutier qui était un des dignitaires du chapitre de Delémont. 1

Melchior de Liechtenfels ne négligea aucune partie de sa difficile administration. Les temps étaient pleins de trouble; il multiplia ses sollicitudes, et fit partout et toujours l'office d’un bon pasteur. Après vingt et un ans d’un épiscopat douloureux et plein d'alarmes, il mourut dans son château de Porrentruy le 17 mai 1575.

1 Archives de l’ancien évêché de Bâle.

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