CHAPITRE XXXII
Il fut enseveli clans le chœur de l’église paroissiale de Porrentruy; son successeur lui fit dresser derrière le maître-autel du côté de l’épitre un monument funéraire qui a été déplacé en 1832, mis au rebut pendant près de trente ans et enfin rétabli sur un des contreforts du chœur de l’église en 1 859. On y lit l’inscription suivante : 1). 0. M. — Reverendiss. in CHRO P. ac Dno. I). Melchiori ex nobili familiâ de Liechtenfels Episcopo Basiliensi digniss. qui inter maximas variarum rerum ac grassantium tune hœresum difficidtates, Episcopatum XX annis mensibus VII et diebus VIII felicissime administravit Jacob us Christophorus successor pietatis ergo P. P. cui Iléus propitietur in ævum, amen. — Excessif e vivis anno Domini MDLXXV XVII ma ji cetatis suce LVIII. — Melchior de Liechtenfels portait dans ses armes : aux un et quatre d’argent à la crosse de Bàle de gueule ; aux deux et trois de sable à une hache d’annes d’or posée en pal accostée d’un demi vol d’or.
Armoiries de l’évêque Melchior de Liechtenfels.
Jamais peut-être les circonstances n’avaient été plus critiques et l’heure plus solennelle pour le diocèse de Bàle. D'une part, les revenus de l’évêché absorbés par des dettes que les années n’avaient fait qu’accroître, jusqu’à réduire l’évêque de Bàle au dénuement le plus complet ; de l’autre, la révolution protestante étendant ses ravages sur toutes les terres de l’évêché et menaçant d’enlever une à une à l’antique diocèse de Bàle ses paroisses autrefois si florissantes; un clergé sans force et sans science, formé en dehors de l’austère noviciat des séminaires, ballotté par le vent de l’erreur et voyant à tout instant un des siens passer à l’ennemi; un peuple remué profondément par le mouvement qui agitait l’Europe, et n’aspirant qu’à secouer le joug épiscopal et à former des alliances avec les révoltés; et puis l’évêque de Bâle, chassé de sa résidence, obligé de fixer sa demeure sur une terre qui n’était pas la sienne, ne pouvant, sans l’agrément de l’archevêque de Besançon, y remplir une fonction de son ordre; son chapitre à vingt lieues de lui, dans un diocèse étranger, sans cathédrale, sans demeure fixe; le tribunal ecclésiastique siégeant en Alsace: un château eu ruines, dévasté naguère par l’incendie; partout la confusion, la misère, la désolation et la révolte. Réunis à Delémont les chanoines ‘électeurs étaient découragés. Nid ne se sentait la force de prendre sur lui le fardeau redoutable de l’épiscopat. Quatre évêques étaient