LA REFORME A PORRENTRUY
la population. Les partisans de la réforme crurent le moment favorable pour remettre au nouveau prince une supplique tendant à obtenir le libre exercice de la nouvelle religion. Le principal instrument de cette nouvelle campagne fut l’ancien scribe de la ville, le licencié Jean Docourt qui avait embrassé la réforme et avait dû se retirer à Audincourt: son long séjour à Porrentruy où il avait reçu la bourgeoisie, sa grande habitude des affaires de la ville dont il avait tenu pendant six ans les protocoles (1556 — 1563), les relations qu’il avait eues, comme secrétaire du magistrat, avec Farel et les prédicants, sa connaissance du droit et des coutumes d’Ajoie, en faisaient un personnage important et comme nécessaire1. A la fin de mai 1575, Nicolas Piossel le vieux, lieutenant,
Le château de Wartensée dans son état actuel.
fut envoyé à Audincourt pour traiter de la cause de la religion avec Docourt ; celui-ci étant alors à Montbéliard, il s’y rendit et y demeura trois jours. „ Pendant
dans le pays par un évêque, assisté de deux abbés mitrés ; il réclame en outre la conservation de ses prébendes et canonicats dans les deux diocèses de Bâle et de Constance, comme refuge dans ces temps critiques. 11 expose la triste situation de son diocèse, que la réforme a tellement privé de ressources, qu’à peine celles-ci peuvent suffire à son entretien et à celui de ses familiers. Il demande au S. Père la remise des annates ordinaires et sa confirmation aux moindres frais possibles. (Archives de l’évêché de Bàle, corresp. de Christophe de Blarer.) — Le 1 mars 1576, Christophe de Blarer écrit au nonce de Fribourg en Brisgau que le S. Père lui a fait remise des annates. Il envoie sa profession de foi écrite et signée. Il demande à conserver son canonicat de Constance avec sa maison: il tient à la conserver comme lieu de refuge, dans le cas où, comme plusieurs évêques voisins, il serait chassé de son siège et privé des biens qui restent à l’évêché. (Ibid.) Nous devons la communication de la correspondance échangée entre l’évêché de Bàle et l'archevêque de Besançon, entre Christophe de Blarer et le Saint- Siège et d’autres personnages, à l’obligeance de M. X. Kohler. Notre savant archiviste a recueilli avec le plus grand soin les lettres si intéressantes de ce grand évêque, le restaurateur du diocèse de Bàle : il en a fait avec une patience de Bénédictin une copie exacte qu’il a accompagnée d’un résumé fidèle qui jette sur les questions historiques de cette époque, si mal ou si peu connues, un jour tout nouveau et des données du plus haut intérêt. Nous prions M. Kohler de recevoir nos remerciements pour toutes les communications qu’il veut bien nous faire avec tant d’empressement, et qui nous aident à sortir de l’ornière des anciens historiens de l’évêché.
1 X. Kohler, p. 11.