‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 124 sur 612 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

lequel terme, raconte le greffier de ville, dans le Livre des dépenses N° 12, Messieurs les gouverneurs, chancelliers et aultres conseillers de Monsieur le comte furent interpellés par le dict licencié Docourt d’en donner leurs advis. Ce que tous ensemble pour la bonne voisinance des deux villes et respublicques, ils firent volontairement, déclairant par leur résolution estre convenable de communiquer le faict de la religion à Messieurs de Basle comme principale ville de l’Evesché pour en avoir leurs semblables advis. Et quant au faict de la temporalité, ledit sieur licencié promit d’en dresser escripture pour présenter à ung nouveaulx Evesque. “ On ne perdit pas de temps. Le 3 juin, Laurent Belleney, lieutenant, et le conseiller Guyer partaient pour Bâle et y conféraient avec les membres du gouvernement. Une correspondance active fut échangée entre les deux villes. Le 22 juin, Laurent Belleney et Nicolas Vernier se rendaient de nouveau à Bâle pour ,, avoir résolution de leurs conseils et avis".1 Il paraît que la population ne voyait pas de trop mauvais œil ces tendances d’une partie des membres des conseils: les idées nouvelles avaient pénétré dans un grand nombre de familles et tout faisait craindre une défection presque générale au premier signal des meneurs. Aussi, pendant la vacance du siège, les conseillers de l’évêché de Bâle sont-ils inquiets et tourmentés; ils écrivent à l’archevêque de Besançon que „de suite après la mort du prince Melchior, un mouvement séditieux a éclaté â Porrentruy pour y introduire la réforme et y appeler un prédicant. La plus grande partie des conseillers et beaucoup de citoyens adhèrent â cette conspiration . . . Si l'on veut éviter la ruine de la religion catholique dans cette ville, il faut que l’archevêque agisse sans retard et prenne des moyens pour arrêter le mal" (29 mai 1575). — Huit jours après cette première lettre, le lieutenant de l’évêché écrit de nouveau â Claude de la Baume: „ Ce jour même (7 juin), il a appelé an château les trois maîtres-bourgeois et plusieurs personnes pour leur demander s’ils avaient tenu compte de la dernière admonestation et ce qu’ils avaient fait avec leurs concitoyens. Après plusieurs mots échangés, le maître-bourgeois en charge déclara qu’après la mort du Prince, les conseillers, à la majorité des suffrages, avaient décidé de changer l’état de chose existant et de consulter les villes voisines. Quelques conseillers et plusieurs hommes de bien ont par contre déclaré ouvertement qu'ils restaient attachés à la religion catholique. Le lieutenant les a tous vivement engagés à tenir le serment qu’ils avaient fait au chapitre de Bâle, à la mort de l’évêque, et de suspendre toute décision en matière religieuse ou autre jusqu’à la nomination du nouveau Prince. En attendant, on prie l’archevêque d’envoyer de suite à Porrentruy quelques théologiens, hommes bons et doctes, pour prêcher, raffermir les croyances ébranlées et ramener à la vérité les esprits égarés."

L’élection du nouvel évêque ne lit qu’accroître les prétentions des partisans de la réforme. Ils crurent que devant une manifestation imposante, appuyée par de nombreuses voix et des réclamations venant de haut, le nouvel évêque de Bâle accorderait aux dissidents l’autorisation refusée naguère d’exercer librement le culte évangélique à Porrentruy. Ils s’adressèrent directement à Jacques Christophe qui ne put tout d’abord que leur enjoindre de se tenir en repos, et de ne rien faire qui pût troubler la paix publique. Il se réservait le soin de prendre plus tard

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