LE CHAPITRE DE S. MICHEL A PORRENTRUY
Le chapitre de Saint-Ursanne était alors dans une position financière qui demandait de pressants remèdes. Il y avait eu dépenses excessives, faites sans direction et sans nécessité. Jean de Yenningen, de concert avec le prévôt Gaspard ze Rhein, qui faisait en même temps partie du chapitre de Bâle, apporta aux statuts des chanoines de Saint-Ursanne des modifications importantes qui devaient ramener l’ordre dans les finances du chapitre. On régla les frais de transport des vins d’Habsheim en Alsace, appartenant à l’église de Saint-Ursanne. On obligea chaque nouveau chanoine ou prébendier à verser dans la caisse de fabrique cinq livres bâloises pour l’entretien de l’église el douze florins pour l’achat, d'une chape de chœur. Tout nouveau chapelain devait appliquer à la fabrique de l’église, les revenus de sa chapelle, durant la première année. Le trésorier du chapitre devait toujours être choisi parmi les chanoines. On permet aux chanoines et autres bénéficiers de Saint-Ursanne de se rendre chaque année durant vingt jours aux bains naturels, selon leurs besoins ; ils seront considérés comme présents aux offices du chapitre (6 avril 1466). 1
Ces mesures prises, Jean de Yenningen porta sa sollicitude sur le chapitre de Saint-Michel de Porrentruy qui réclamait des statuts et une organisation définitive.
Une confrérie de Saint-Michel existait déjà en 1357 dans l’église de Saint- Pierre ; à cette époque nous trouvons Dame Catherine, veuve de Richard de Morimont, donnant pour son anniversaire à cette confrérie une rente de vingt sols assignée sur une terre située à Cœuve. Les Annales de Saint-Michel , conservées aux archives de Porrentruy, disent que la confrérie fut fondée en 1355 par les chapelains de Porrentruy ; une première donation aurait été faite à cette pieuse fondation, la même année, par Jehannenat Gortat de Cœuve qui aurait assigné pour son anniversaire un pré situé dans ce village.
Quoiqu'il en soit, ce n'est qu’en 1377 que la Confraternité de Saint-Michel, qui devait bientôt être le chapitre de ce nom, fut solennellement érigée dans l’église de Saint-Pierre de Porrentruy. Le 1 1 octobre de cette année les fondateurs sont réunis au nombre de seize: treize prêtres, savoir: Jean dit Baillot, Holry curé de Courtedoux, Henri dit Bullaine, Jean dit Foucard. Pierre dit Chaînon, Guillaume de Courtedoux, Pierre dit Pessuat, Guillaume dit Gaudry, Jean dit Maigrecher, Hugues Matrot, curé de Courgenay, Jean dit Chestel, Pierre dit Carnet, curé de Grandfontaine, Nicolas de Buratte, curé d'Alle, et Guillaume Malatte, tous dedemeurant à Porrentruy. Avec ces treize prêtres, l'acte de fondation signale Jacques, fils de feu Henri Lallemand, clerc, chapelain dans l’église de Porrentruy, Jehannette sa mère et Pierre Perrin de Montbéliard, clerc, domiciliés à Porrentruy.
Pour assurer le service de la confrérie, les membres fondateurs la dotent de différents biens qui peuvent représenter un revenu annuel de sept livres stebelers coursables dans la ville de Porrentruy. Ces biens sont spécifiés dans l'acte.
Telle est la charte de fondation du chapitre de Saint-Michel; ces statuts furent approuvés par Guillaume de Vergy, archevêque de Besançon, le 5 juin 1378. Il n’était d'abord question que d’une confrérie pieuse, ayant son registre ouvert à tous les fidèles, moyennant certaines conditions à remplir. Prêtres et laïques pouvaient en faire partie; un service religieux, célébré régulièrement chaque
1 De l'original sur parchemin avec les sceaux de l'évêque et du prévôt, aux archives de l’ancien évêché de Bâle.