CHAPITRE XXVIII
semaine, et à la mort de chaque confrère par les prêtres membres de la confrérie ; des prières fixes prescrites aux laïques associés ; telles étaient les seules obligations imposées par les statuts. Bientôt les donations affluèrent ; les fondations se multipliant à l’envi, il fallut régulariser la desserte et pourvoir à la célébration des nombreux anniversaires fondés à Saint-Michel. Les prêtres ne manquaient point à Porrentruy : on choisit parmi les confrères de Saint-Michel, ceux qui devaient remplir les intentions des donateurs et dire les messes de fondations. Devenus assez nombreux pour former un chapitre, assez rentés pour vivre des revenus de la confrérie, ces chapelains se constituèrent en société ou confraternité, ayant ses règles et ses offices, approuvés par l’ordinaire, portant comme les chanoines le camail noir, et regardés par le peuple comme un vrai chapitre, quoiqu’euxmêmes n'aient jamais pris dans les actes que le titre de confrères.
Les premiers statuts furent dressés par les chapelains vers l’an 1400; le chapitre naissant se composait alors de douze prêtres, „ desservant en la confrérie, “ savoir : messire Simon Lapoy, curé de Porrentruy, qui occupe le premier rang, Guillaume de Courtedoux, Guillaume Malate, Jacques Lalement, Jean Martre Jean, Messire Pierre Rocque, Bourquard Bongarson, Girard Beurnaillat, Hugues Berby, Henry Bellin, Jehan Camus clavier de Porrentruy, et Hugues Capy de Courtemaiche. Ces statuts fixent le mode de desserte de la confrérie.
Ce furent ces chanoines qui construisirent l’élégante et gracieuse chapelle de Saint-Michel qui existe encore aujourd’hui. C’est, là qu’ils devaient célébrer les anniversaires et acquitter les nombreuses fondations qui s’inscrivaient chaque jour au Liber vitœ. Pour se rapprocher davantage des allures et des habitudes des vrais chapitres, les confrères de Saint-Michel sollicitèrent de l’archevêque de Besançon qui était alors à Porrentruy, la permission de porter pendant les saints offices des capuces doublés de fourrures. Quentin Ménard, par une lettre du 28 juin 1454, les autorisa à mettre à l’église et aux processions, par-dessus le surplis, selon l’usage reçu dans plusieurs églises de son diocèse, un capuce fourré de peau d’agneau noir.
Quelques années après l’organisation définitive du chapitre de Saint-Michel, une longue discussion s’éleva entre les confrères et les jeunes prêtres de Porrentruy. Ceux-ci prétendaient qu’en vertu de l’acte de fondation de la confrérie de Saint- Michel, tout prêtre, pourvu qu’il fût né à Porrentruy et y fit sa résidence, devait être reçu, sur sa demande, au nombre des confrères de Saint-Michel et avoir part aux revenus du chapitre. Les chanoines en appelaient aux statuts de la confrérie qu’ils avaient faits quelques années auparavant et qui déterminaient le nombre des confrères et leur mode de réception dans le chapitre. Les demandeurs étaient alors Hugues Bereux, Jean Guillaume dit Kalande, Jean Rebourcet, Henri Vallet dit Gargace, et Gérard Jacquin, tous prêtres de Porrentruy: le chapitre se composait de Simon Belorcery, Jean Lapoy, Guillaume Barnet, Humbert Belperin, Jean Sarmery, Henri Lobaire, Simon Raclery et Jean Petermann. La cause fut soumise à l’arbitrage et à la décision de l’évêque de Bâle, Jean de Venningen, qui était alors à Porrentruy. Le 7 août 1466, le prélat, après un mûr examen de l’objet en litige, donna au chapitre de Saint-Michel des statuts qui reçurent le 21 septembre 1466 l’approbation du vicaire général de Besançon, Étienne de Beaulvoir, archidiacre de Gray, et le 20 janvier 1471 celle de l’archevêque de Besançon, Charles de Neuchâtel.