CHAPITRE XXXII
de Bâle: prêtres et religieux, dignitaires des chapitres, chefs des couvents, tous furent convoqués à ces assises solennelles où devait être promulgué le saint et sacré concile de Trente. Depuis l’année 1503 qui réunit pour la dernière fois en synode dans l’antique cathédrale de Bàle le clergé autour de son évêque Christophe d’Utenheim, c’est-à-dire depuis 78 ans, rien de pareil ne s’était vu. Chassé de sa cathédrale, fugitif et errant dans ses États révoltés, sans ressources, sans demeure fixe, l’évêque de Bàle n’avait trouvé ni l’heure ni l’occasion favorable pour appeler auprès de lui le clergé de son diocèse. Christophe de Blarer le fit. A sa voix, plus de 200 prêtres accoururent à Delémont. On remarquait parmi les arrivants, les membres du chapitre cathédral, le doyen François d’Apponex, l’archidiacre Pierre de Tatting, Marc, évêque de Lydda, Jean Vogt, Jean Georges de Halwyl, Philippe Érasme de Fenning, Jean Setrich; Bellelay avait envoyé au synode son abbé mitré Werner Briselance, et deux religieux, Germain Léonard et Urs Schaller; Lucelle quatre pères, chargés des paroisses relevant de cette abbaye; Marbach était représenté par son prieur Simon Kleindieurt; les Antonins d’Isenheim par François Borne, le preceptor de l’hôpital. Hugues de Grandmont, prieur de Saint-Morand, le prieur de Velpach de l’ordre de Saint-Benoit, Étienne Dorothée, prieur de Froide-Fontaine, le prieur de l’hôpital de Saint- Valentin à Roufach, de l’ordre de Saint-Benoît, Claude Lyon, prieur de Saint-Nicolas in sylva du même ordre, Gaspard Schenck, prieur de Miserez, Nicolas Vielle, prieur de Saint-Morand, près Rapperschwir, Fred. Hessler, prieur des ermites de Saint- Augustin à Colmar, Béat Bapst, prévôt de Saint- Apollinaire, Jean Frédéric Machoropius, au nom du prieur de Blotzheim, Fr. Guillaume Aprilis pour le petit Lucelle, Théobald Kôbelin, grand cellerier à Luterbach, Ulrich Utert, cellerier à Lucelle, représentaient encore les prieurés et maisons religieuses du diocèse. Le chapitre de Saint-Martin à Colmar avait envoyé au synode son prévôt François cl’Apponex, Christian Zamenbach chantre, et Jean Zugmeier chanoine; le chapitre de Saint-Théobald de Thann, son prévôt Géorges Wagnier, son chantre Théobald Kubler, et le curé de la ville Jean Wolf. Tout le chapitre de Moutier Grandval était présent; presque tous les chanoines de Saint-Ursanne, ayant à leur tête leur prévôt Jean Georges de Liechtenfels. La collégiale de Saint-Martin à Rheinfeld avait député son doyen Burchard Herbof et un de ses chanoines Jean Rudelbaum ; celle de Saint-Michel à Lutenhach, son custode Mercurius Mess et Théobald Rosenberg. L’abbesse de Massevaux, Scolastique de Falckenstein, avait délégué pour représenter le chapitre des dames nobles, le prévôt de Moutier et le curé de Massevaux, Bernard Bilonius, bachelier en théologie; l’abbaye d’Othmarsheim avait envoyé Jean Schenfeld, curé à Steinbrun et doyen du chapitre Inter-Colles ; les Cisterciennes d’Olsberg, le Père Béat Bapst. Le Père Jean Hartmann, prieur du couvent de Guebwiler, représentait les Unterlinden et les Dominicaines de Sainte-Catherine de Colmar, de Schonensteinbach, de la Porte Angélique à Guebwiler et d’Alten Thann. La confrérie de Saint-Jean in atrio de Bàle avait député à Delémont quatre de ses membres; puis chacun des chapitres ruraux avait de nombreux représentants au synode; les doyennés Citra et JJltra-Colles-Ottonis comptaient 44 de leurs membres présents, celui Circa-Renum 13, Sundgaudiœ 40, Inter- Colles 1 1, Leymenthal 6, Fricksgaudiæ 12, Sali g non 8, non compris les chanoines et chapelains, VElsgan ou Y Ajoie 20, parmi lesquels nous remarquons Richard Agricola, curé à Saint-Ursanne; Ursanne Degland, curé à Ocourt; Hugo Werdot,
LE B. CANISIUS AU SYNODE DE DELEMONT
curé à Saint-Brais; Claude Berthot, curé à Willer (Epau); Jean Julliat, curé à Charmoille, etc. etc.
Le synode tint ses séances dans l’église de S. Marcel, décorée de tapisseries de haute lice, depuis le lundi 3 avril 1581 jusqu’au jeudi suivant. La veille, à une heure après midi, on avait sonné la grande cloche, pendant une heure, pour annoncer l’ouverture du synode. A trois heures, l’évêque de Bâle avait chanté pontificalement les vêpres de l’octave de Pâques. Le lundi (3 avril) à six heures, au son de la grande cloche, Christophe de Blarer, revêtu du rochet et portant la croix pectorale, se rend, accompagné de sa cour, à l’église de S. Marcel où les prêtres du synode sont déjà réunis. Arrivé au chœur, le prélat prend les vêtements pontificaux, la mitre et la crosse et descend, entre le doyen du chapitre et le plus ancien des chanoines, à l’entrée du chœur, précédé du diacre et du sousdiacre, de deux archidiacres, et suivi du suffragant, l’évêque de Lydda, et des prélats mitrés. 11 s’assied; tous sont debout. Le prévôt de Moutier, Jean Setterich, protonotaire apostolique, docteur en droit canon et chanoine de la cathédrale, prend la parole et déclare que la place assignée et occupée par chacun des assistants, ne porte aucun préjudice aux droits de préséance et aux privilèges antérieurs. Ensuite l’évêque de Bâle charge son suffragant de demander aux pères s’il leur plaît que le synode soit ouvert pour la gloire de Dieu el l’utilité de l’Eglise catholique. Tous répondent: .,11 nous plaît, placet. “ L’évêque se lève et dit: „Le nom de Dieu invoqué, nous déclarons que le synode de Bâle convoqué et assemblé légitimement est ouvert au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. “ — Le suffragant demande au pontife de nommer les promoteurs du synode. L’évêque désigne le prévôt de Moutier et Georges Wagner, prévôt de la collégiale de Thann. Pierre Gorre, notaire épiscopal, est nommé secrétaire (actuariats) du synode.
Ensuite, à genoux avec tout le clergé, Christophe de Blarer entonne le Veni Creator que le chœur poursuit. Après l’oraison, le prélat prend place au trône; le vicaire général invite les pères à s’asseoir; l’évêque de Bâle fait au synode l’allocution prescrite par le cérémonial : 1
«Vénérables pères, frères bien aimés en Jésus-Christ. Appelé quoique indigne, par la grâce de Dieu, à gouverner cette Église, nous n’avons qu’une pensée, ce n’est pas seulement de ramener au bercail de notre Église les brebis errantes et égarées, mais c’est aussi de rendre meilleure et plus sainte la vie de notre clergé. Il est temps de sortir du sommeil, de repousser l’œuvre des ténèbres et de revêtir les armes de la lumière. C’est dans ce but que, suivant l’exemple de nos ancêtres et de nos prédécesseurs de pieuse mémoire, nous avons résolu de donner à notre clergé certaines lois et de lui intimer, selon les prescriptions du Saint-Concile de Trente et les besoins de ce diocèse, des règles de vie, une méthode à suivre dans l’instruction du peuple et l’administration des sacrements; c’est pourquoi nous avons réuni le synode, répondant aux désirs et aux ordres que le souverain pontife Grégoire, animé d’un zèle incomparable pour le bien de l’Église, nous a fait transmettre par ses légats.
«Tous, nous vous en conjurons, au milieu des maux et des désordres qui nous environnent, et que l’hérésie et les ministres de Satan provoquent de toutes parts
1 Nous avons retrouvé dans les archives du château de Porrentruy les allocutions prononcées en latin au commencement et à la fin du synode par le Prince de Blarer.