CHAPITRE XXXII
contre le bien de l’Église, mettons fin à tous désordres dans notre vie, cultivons la piété, vivons comme les enfants de Dieu ; que chacun remplisse les fonctions de son ministère ; conduisons le peuple à l’honneur, attachons-nous à Dieu seul, et par nos prières ferventes et nos soupirs, cherchons à apaiser la colère de Dieu, afin que le Seigneur se tourne vers nous, apaise les flots agités, rende la paix à l’Église, mette fin aux hérésies et fasse réussir nos travaux et nos desseins.
„Pour mériter ces grâces de la majesté divine, il faut que tous, laissant de côté toute préoccupation mondaine, vous assistiez à ce synode, l’esprit tourné vers Dieu et priant sans cesse le Seigneur Père Tout-Puissant par les mérites de son fils le Christ notre Seigneur et Sauveur et de tous les saints.
„Nous voulons que nos prêtres soient attentifs à recevoir les constitutions de notre synode, non- seulement pendant qu’on les publie, mais qu’à l’avenir, ils y conforment leur vie, et f administration de leurs peuples, sans s’en écarter jamais. Mais que tous soient bien convaincus que par la célébration de ce synode, nous n’avons l’intention de blesser ou d’offenser personne. Nous vous aimons tous d’une affection toute paternelle ; nous voulons, selon nos forces, aider à votre salut; et nous n’aurons rien de plus agréable que de voir tous nos prêtres suivre avec empressement, et sans contrainte, les statuts de ce synode. Nous avons la douce espérance, que si nous sommes fidèles à la volonté divine, aidés de la grâce de Dieu, nous délivrerons notre Église des ennemis qui la ravagent plus que jamais, que nous sauverons nos âmes et que, délivrés de ceux qui nous haïssent, nous recevrons dans le ciel la vie éternelle."
Après l’allocution épiscopale, les membres du synode précèdent le pontife et font lentement une procession solennelle autour de l'église; au retour, tous se prosternent et chantent les litanies des saints; vers la fin de ces solennelles supplications, l’évêque se lève, prend la crosse et la mitre, et tourné vers les pères prosternés, les bénit, en priant Dieu de visiter, de disposer et de bénir ce synode. Il chante ensuite pontificalement. la messe du Saint-Esprit.
Après léchant du psaume Quant dileda tabernacida, l’évêque s’assied au trône à l’entrée du chœur, tandis que l’archidiacre, custode du chapitre de Moutier- Grandval, tourné vers le synode, chante l’oraison Ad surnus, Domine Scinde Spirüus, celte oraison sublime qui retentit avec la même majesté toutes les fois qu’un concile tient ses assises solennelles.
A la voix de l’archidiacre, le synode se lève. Les chantres commencent l’antienne Exaudi nos, Domine et le psaume LXVII1, l’évêque prononce l’oraison du cérémonial, puis le diacre chante l’évangile de la mission des a poires. (S. Luc, ch. 9.) Ensuite Je pontife entonne le Ven i Creator qui se poursuit jusqu’à la dernière strophe, après laquelle le prédicateur monte en chaire et fait à la vénérable assemblée un sermon approprié à la circonstance. Le procès-verbal du synode ne nomme pas l’orateur qui fut chargé par Christophe deBlarer de prendre la parole au synode de Delémont. Cependant nous avons tout lieu de croire que ce fut le bienheureux Canisius qui assistait, au rapport des historiens de l’évêché de Bâle, 1 à cette réunion du clergé qu’il avait encouragée de toutes ses forces. Le vénérable Père, dont la parole éloquente avait retenti au concile de Trente, avait pour édifier les membres du synode de Delémont, une autorité et. un caractère que relevaient la
1 P. Voisard. Histoire des évêques de Bàle, p. 388.