ROLE DE LA PREVOTE DE MOUTIER
L’évêque de Bâle, considérant que, sur quatorze confrères de Saint-Michel, sept à peine résidaient à Porrentruy, ordonna que les postulants seraient admis au sein du chapitre. Pour l’avenir, il fixa le nombre des chanoines à treize, y compris le curé de Porrentruy : tous devaient avoir part égale aux revenus de la confrérie et faire résidence personnelle à Porrentruy. Après la mort d’un confrère, son remplaçant sera choisi dans l’espace de quarante jours. Seront éligibles et admissibles au chapitre de Saint-Michel les desservants des chapelles suivantes : à S. Germain, S. Georges, l’Assomption de la Ste Vierge, S. Claude, S. Nicolas, la B. V. Marie, Ste Marie-Madeleine; à S. Pierre, Ste Catherine, la vieille N.-D., S. Nicolas le vieux, S. Étienne, les Trois-Rois, Ste Madeleine, S. Nicolas, S. Antoine, la B. V. M. dite Cloppat, la Conception de la B. V. M., S. Jean, et S. Barthélémy. 1 Le chapelain élu membre du chapitre de Saint-Michel devra demeurer à Porrentruy. S'il quitte la ville, il pourra être remplacé quarante jours après son départ. Tous les confrères et chapelains de Porrentruy devront prêter leur secours au curé de Porrentruy, dans la célébration des saints offices, surtout les jours de grandes fêtes. Les anniversaires qui n’ont pas été fondés à Saint-Michel, devront être acquittés les lundis, mercredis et vendredis par le curé et les chapelains de Porrentruy ; le chapitre célébrera ceux qui sont inscrits au Liber vitœ de Saint-Michel.
Les statuts de Jean de Venningen mirent fin aux débats qui divisaient le clergé de Porrentruy et fixèrent pour l’avenir les droits de chacun: treize confrères ou chanoines se recrutant à chaque décès parmi les chapelains de Porrentruy qui s’appelaient titrés de S. Michel. 2
Le chapitre de Moutier-Grandval occupa aussi l’évêque Jean de Venningen qui dut contester à son prévôt Jean de Fleckenstein des droits qu’il semblait s’arroger. Un accord entre les deux parties fut conclu le 12 novembre 1462, sans mettre fin aux débats. On invoqua l’arbitrage des villes de Soleure et de Bâle et un accommodement fut enfin dressé par devant les députés de ces deux villes, le 1er juillet 1464. 3 Le rôle de la prévôté de Moutier dressé par les soins du prévôt Jean de Fleckenstein (7 mai 1461) spécifie d’une manière fort intéressante les droits de l’évêque de Bâle dans la prévôté. Nous citons les* points les plus importants : . . . „Le Prévost de Moutier Grandvaulx est prélat et homme du Seigneur de Basle. — Toutes et quantes fois un prud’homme de la Prévôté fait le serment à notre seigneur de Basle, il doit premièrement faire le serment d’obéissance à Notre Dame de Mostier-Grand-Vaulx, et puis après à Notre Dame de Basle et puis après au Seigneur de Basle et pour ceci un chacun prévôt de Moutier est homme du seigneur de Basle. — Un prévôt de Moutier est si loyal à l’Eglise de Basle que toutes et quantes fois notre seigneur de Basle tient son conseil pour cause de son évêché avec ses hommes, le Prévôt, s'il est présent, y peut aller au conseil sans y être appelé et faire son meilleur que nul conseil dommageable n'y soit donné. Et aussi doit être un prévôt si digne de lignage ou de science qu’il puisse boire sans licence en la couppe ou vaisseau du seigneur de Basle. —
1 A ces dix-neuf chapelles furent ajoutées celles du St. Nom de Jésus érigée en titre de St. Michel,
22 sept. 1744; de Lorette, 27 oct. 1766; de St. Joseph à Lorette, à la même date. = 2 Arch. de S.-Michel
à Porrentruy. — Vautrey, Histoire de Porrentruy, p. 94 etsuiv. = 3 Mémoire pour Moutier, p. 133, 137.
Sceau de l’évêque Jean de Venningen,