COMPLOT CONTRE LE PRINCE DE BLARER
On écrit de nouveau à l’évêque, pour revendiquer la conservation du culte et de la religion nouvelle. Christophe de Blarer réclame, pour la seconde fois, le traité de combourgeoisie avec Bâle, et ne fait aucune promesse. A cette réponse, l'irritation est générale à Laufon. Le 2 mars 1582, quelques jeunes gens pénètrent dans l’église de Saint-Martin, brisent les cierges, les canons de l’autel, lacèrent les nappes et en jettent les débris sur le cimetière. C’était un acte de violence qui aggravait la résistance des Laufonnais. On consulta Bâle: Bâle blâma les profanateurs et conseilla des excuses à l’évêque. C’était l’avis du savant Amerbach qui était à cette époque l’oracle de la république et des pays
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Le réformateur Boniface Amerbach.
(Voir pag. 90.)
voisins: ce célèbre juriste trouvait qu’il fallait tout tenter plutôt que d’en venir à une prise d’armes. Bâle écrivit le 5 mars 1582 à l’évêque pour lui proposer de faire vider le différend par des arbitres; les localités que Bâle déclarait prendre, par des traités, sous sa sauvegarde, étaient Laufon, Rôschenz, Wahlen, Liesberg et les cinq villages du Leymenthal, Reinach, Oberwyl, Therwyl, Ettingen et AUschwyl. Christophe de Blarer répondit, comme il l’avait déjà fait, qu’il voulait maintenir ses droits de prince d’empire, et qu’avant tout il demandait la production authentique des lettres de combourgeoisie entre Bâle et ses sujets (9 mars 1582).
Les choses en étaient là lorsque tout à coup le bruit se répandit à Laufon que les Soleurois étaient décidés à prêter main forte à l’évêque et qu’ils allaient envahir les bailliages récalcitrants. On courut à Bàle; Bâle écrivit à Soleure (16 mars) pour réclamer en faveur de ses alliés; Soleure répond que la question