CONDAMNATION DES CONJURES
la route des Rangiers, et, avec mie lionne escorte, il prit le chemin de la Vallée, et, par la Montagne, arriva sans encombre à Porrentruy. Les conjurés prirent la fuite et retournèrent en hâte à Tavannes. Leur procès fut instruit sous toutes les formes. Delémont, qui avait été le plus menacé, reçut l’ordre de s’emparer des coupables. Le 23 mars (samedi avant Judica 1583), cinquante hommes
Plaque de fonte aux armes du Prince de Blarer.
Bibliothèque du collège de Porrentruy.
armés se rendirent, les uns par Bellelay, les autres par Moutier, dans le val de Tavannes. Favorisés par une nuit paisible, ils purent facilement s’emparer des coupables; le pasteur de Tavannes, David Mopsler, le chef de la conjuration, fut arrêté dans son domicile; les autres à Champoz, Bévilard, Sorvillier. Les Bernois se chargèrent eux-mêmes de livrer à l’évêque un autre pasteur gravement compromis. Tous furent enfermés dans les prisons de Delémont.
Le tribunal criminel tint séance à Delémont le 6 juin et les jours suivants. Il était présidé par Ursanne Zullat, bandelier de Saint-Ursanne, qui tenait le sceptre de l’autorité (le hâtenaf). Auprès de lui siégeaient comme-juges, le maire