‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 156 sur 612 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

que tout ce que ces Pères décideraient, feraient et ordonneraient, fût exécuté à la lettre (janvier 1589). La lutte n’était plus égale. Aussi le 3 février de la même année, Christophe de Blarer pouvait déjà envoyer à l’archiprêtre de Yerceil, qui l’avait si bien défendu auprès du Saint-Siège, comme les bulletins de la défaite du protestantisme dans le val de Laufon. „Dans le bailliage de Zwingen, écrivait le prélat, par les soins des PP. jésuites, sept villages et à Laufon, où ces Pères habitent, tout le conseil et quelques autres citoyens sont revenus au catholicisme ; ils ont encore un pasteur, comme le veut la convention de Baden, mais on espère une moisson abondante, malgré les Bàlois .... Dans le bailliage de Birseck, il y a aux villages d’Ettingen et de Therwyl, à côté du prédicant un prêtre catholique et plus de cent cinquante convertis — Tout le bailliage de Pfeflingen est retourné au catholicisme, après l’expulsion du prédicant."

Cependant les protestants de Laufon ne se tenaient pas pour battus. Bâle leur avait promis assistance; ils firent leurs plaintes aux Bàlois. Le conseil de Bàle transmit leur mémoire aux villes protestantes, Zurich, Berne et Schaffhouse. Zurich, vorort protestant, s’adressa à Lucerne, vorort catholique. Lucerne demanda des explications à l’évêque de Bâle. Christophe de Blarer n’eût pas de peine à se justifier. Byn, le pasteur de Laufon, troublait la paix publique; il insultait les magistrats et tournait en ridicule le culte catholique. Tous les habitants de Laufon, dans une assemblée publique, s’étaient prononcés contre Byn, et à l’exception d’un seul, avaient adopté la religion catholique. Les plaignants réclamaient contre un refus de sépulture. Le cimetière catholique était seul interdit aux protestants; ils pouvaient se faire enterrer dans leur chapelle ou dans un terrain qu’ils sont libres d’acheter. Ils voulaient un jardin près de la chapelle pour en faire un cimetière; ce jardin étant dans l’ enceinte de la ville, on a trouvé dangereux d’en faire un tel usage. Quand il a été question d’acheter un terrain hors de la ville, il y a eu beaucoup de vin consommé, mais personne n’a voulu donner un denier. L’évêque n’a pas violé le traité de Baden; il n’a fait que son devoir.

Bàle communiqua la réponse de l’évêque au synode des pasteurs. Le pasteur de Saint-Léonard, Tryphius, homme savant et habile écrivain, fut chargé de dresser un mémoire, qui fut transmis au conseil de la ville. Les pasteurs protestaient contre la conduite de l’évêque, qui n’avait pas le droit de nommer un pasteur tel que Schmid, régent incapable et pasteur vendu au prince. Le peuple n'avait pas mission pour voter, sans le consentement du conseil de Bàle, sur le renvoi du pasteur. La crainte seule empêche les Laufonnais de se déclarer pour la réforme. On sait que de nuit, il en est qui sont allés à Brezwil trouver leur ancien pasteur d’il y a trente ans, pour célébrer avec lui la fête de Noël et recevoir la cène; d’autres de R.einach ont passé la Birse à gué pour assister au prêche le même jour à Munchenstein.

Pendant que les pasteurs délibéraient, les jésuites missionnaires de Laufon poursuivaient leur œuvre. Ils étaient infatigables et leur zèle pour le salut des âmes ne connaissait pas de mesure. L’évêque suivait avec attention et encourageait de Porrentruy les efforts de ces hommes de Dieu. Au mois d’avril, il envoya son suffragant, l’évêque de Lydda, réconcilier les églises rendues au catholicisme. Ces grandes et solennelles cérémonies attirèrent sur les pas du consécrateur des foules immenses, avides de ce spectacle inconnu jusque-là. L’église

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