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LES JÉSUITES DANS LE VAL DE LAUFON

de Saint-Martin à Laufon fut réconciliée le 20 avril; puis celles de Liesberg, Blauen, Arlesheim et Pfeffingen. Partout les populations retrouvaient avec bonheur l’ancien culte, qui était celui de leurs pères avant soixante ans.

Les églises rouvertes et catholiques, il fallait leur donner des curés: ce n’était pas chose facile, si nous en croyons les plaintes qui se trouvent sans cesse sous la plume de l’évêque de Bâle, à cette époque.1 „ Telles sont la misère et la démoralisation de nos temps, écrivait-il le 13 mai au P. recteur des jésuites de Lucerne, que tous désirent de grasses prébendes, mais de légers travaux." Aussi le prince suppliait le P. recteur de laisser encore quelque temps à Laufon les jésuites jusqu’à ce que le nouveau curé fût au fait de la position de cette paroisse. C'était le chapitre de Bâle qui avait la collature de la cure de Laufon. Une première fois, le prêtre envoyé par les chanoines avait reculé devant les difficultés de ce poste. L’évêque de Bâle avait recommandé au chapitre collateur un sujet capable, appuyé par le nonce, élève sorti récemment du collège germanique, nommé Sébastien Kirnbach. Mais ce jeune prêtre avait besoin des jésuites pour diriger ses premiers pas dans le ministère des âmes.

Les Pères ne partirent que dans le courant de juillet : l’évêque de Bâle écrivait, le 10 du même mois, au provincial de la compagnie de Jésus: La religion catholique a été rétablie à Laufon et dans le bailliage de Zwingen par le zèle et le travail infatigable des Pères de la société . . . Bien que leur présence eût été encore très utile à ses sujets, qu’ils se sont attachés par leurs prédications fructueuses et leur vie exemplaire, il ne veut pas abuser de la bienveillance de la société à son égard. Il ne retiendra donc pas les PP. Jodocus et Marx qui ont rempli leurs devoirs avec distinction, qu’un travail continuel n’a pas détournés de leur but, dont aucun danger n'a ralenti le zèle et la ferveur. L’évêque de Bâle sera toujours prêt à

reconnaître ces services „ Combien ces Pères, écrivait encore Christophe de

Blarer au P. recteur de Lucerne, furent sans relâche et toujours assidus à prêcher, fervents dans les exhortations en public, zélés pour instruire en particulier, tant d'âmes de nos sujets ramenées dans la voie du salut, le témoignent assez; et dans cette œuvre, ils ne s’épargnaient ni jour ni nuit; sans soucis des privations et des embarras, de la dùreté du peuple, ils n’avaient devant les yeux que la conversion des âmes, la gloire de Dieu et l’exaltation de notre sainte foi. . .“

Les jésuites partis, le nouveau curé de Laufon perdit courage et quitta ce poste qu'il trouvait au-dessus de ses forces pour retourner à Lucerne. L’évêque en prévint aussitôt le P. recteur des jésuites (1er octobre). „On a gardé à Laufon, dit le prélat, un souvenir impérissable de la piété, du zèle, des soins des PP. Jodocus et Marx. Ils ont posé des fondements si solides, leur édifice élevé dans le Seigneur est si fort que, déjà achevé presque de toutes parts, il ne reste que le faîte qui sera bientôt placé, plus vite que beaucoup ne le pensent."

Ce couronnement de l’édifice religieux de Laufon était placé quelques jours après: la victoire était complète le 19 octobre et l’évêque s’empressait d’envoyer à Lucerne un messager portant au nonce apostolique à Lucerne une lettre qui esl un rapport fidèle et circonstancié des événements. Nous y trouvons clairement dessiné le rôle loué par le pasteur Schmid dans ces affaires. Gagné par l’évêque, n’éprouvant par lui-même aucun éloignement pour les préceptes du catholicisme,

1 Voir l'Histoire du collège de Porrentruy, p. 2. Evêques de Bâle *

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