‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 165 sur 612 · DESTRUCTION DU CHATEAU DE ROCHE D’OR · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DU CHATEAU DE ROCHE D’OR

outre l’eau des places et vers le sentier de Courroux ; car on a trouvé des armures que les soldats avaient laissées et s’en étaient fuis. Le dimanche il arriva à Delémont un messager de Soleure qui était passé par le camp de Correndlin où ils étaient campés; lesquels pensant que les Suisses venaient à vas les roches, le lundi, de grand matin devant jour, ils se sont retirés de Correndlin et sont passés par-dessus les murs de la ville". 1

A peine ces troupes pillardes . eurent-elles abandonné l’évêché que Ton signala la venue prochaine d’une partie de l’armée du comte de Chàtillon 2 qui s’était arrêtée et avait pris gîte quelques jours dans la seigneurie de Neuchâtel et devait passer par l’évêché de Bâle pour rejoindre en Lorraine les protestants allemands réunis sous le baron de Dohha, pour secourir leurs religionnaires français. Le 4 septembre 1587, un message arrivé à Porrentruy portait que M. de Chàtillon n’était plus qu’à une heure de Neuchâtel avec mille chevaux, deux mille arque-

État actuel du château de Roche d’or,

démoli par ordre de l'évêque de Blarer par les bourgeois de Porrentruy.

busiers qu’il a ramassés de ceux qui se sont échappés du combat fait auprès de Grenoble. Le 17 du même mois, le chancelier Thomas Heudet écrit de Saint - Ursanne que M. de Chàtillon doit partir à deux heures après minuit pour s'acheminer contre Goumoy et passer de là sur les terres de Montbéliard. L’évêque de Bâle, effrayé de l’arrivée de ces bandes armées qui menaçaient de dévaster ses Etats ou d’y prendre leurs quartiers d’hiver, résolut d’entrer en arrangement avec les chefs et d’obtenir à prix d’argent l’éloignement de ces hôtes incommodes. Moyennant dix mille écus d’or qu’il versa au nom de ses États, entre les mains des commandants de troupes, il fut conclu par l’entremise des Bàlois, de concert avec les commis d’Ajoie, de Delémont et de Saint-Ursanne, réunis au château de Pfeffingen, où Christophe de Blarer s’était retiré, une capitulation qui exemptait 1 évêché de tout acte d’hostilité de la part des troupes novarriennes, comme on

1 Journal de Cuenin, p. 7. = 2 François de Goligny, comte de Coligny, seigneur de Chàtillon, amiral de Guyenne, était fils du fameux amiral de Coligny qui fut massacré à Paris le jour de la S. Barthélemy Îô72. Le roi de Navarre lui avait donné la charge de colonel général de son infanterie. Il mourut

en 1591.

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