‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 17 sur 612 · DROITS DE MONSEIGNEUR DE BALE · texte numérisé non relu

DROITS DE MONSEIGNEUR DE BALE

Ces droits de l’évêque de Bâle, attestés et rapportés par le rôle de Moutier, se trouvent consignés à peu près dans les mêmes termes dans les documents analogues des autres parties de l’évêché. Le rôle de la mairie d’Ajoie, dressé dans le siècle précédent, reproduit et rapporté dans le suivant, contient aussi des détails curieux sur l’autorité de Monseigneur de Bâle dans cette partie de l’évêché. Ainsi les prud’hommes rapportent que lorsque Monseigneur de Bâle veut faire une excursion à cheval, les prud’hommes de la châtellenie de Porrentruy doivent le suivre pendant un jour et une nuit. Et si Monseigneur veut qu’ils l’accompagnent plus avant, il doit leur rembourser tous leurs frais et dépenses. Tous les hommes francs doivent être au service de Mgr de Bâle, dans un château, à leurs propres frais et dépens, pendant six semaines, en cas de guerre ouverte. Ils doivent aussi faire leurs tournées sur les frontières et moyennant cela ils sont francs et tout à fait quittes. — Un homme doit de taille autant de boisseaux de blé qu’il met de bêtes à la charrue, et pour la taille qu’il doit payer en février, autant de fois douze deniers qu’il paye de boisseaux. Un défricheur ou manouvrier doit un boisseau de blé et douze deniers ; une veuve doit une poule et pas davantage. Quiconque paie le blé, doit une poule à carnaval et moyennant cela tous sont quittes de toute autre taille. — Lorsque Monseigneur veut faire conduire ses vins, toute bête qui traîne la charrue doit six deniers ; ceux qui cultivent la terre avec la houe et les manouvriers doivent aussi six deniers, et moyennant cela, les prud'hommes doivent être exemptés de conduire les vins de Monseigneur et ne doivent point d’autres tailles. — Tout prud'homme qui sème dans une terre sujette à la dîme, doit au gardien de la tour de Porrentruy une gerbe de blé, et moyennant cette gerbe, tout prud’homme est quitte des frais de réclusion, lorsqu’il est mis dans la tour pour ses méfaits. — Lorsqu’un prud’homme veut quitter le territoire de Notre-Dame de Bâle, Monseigneur de Bâle ou son lieutenant doit l’accompagner pendant un jour et une nuit, moyennant douze deniers qu’il doit à Monseigneur et après avoir payé ses dettes. — Lorsque Monseigneur de Bâle va à la chasse, la première charrue qu’il rencontre, s’il a pris du gibier, doit lui conduire sa prise dans le château le plus voisin ; un boisseau d’avoine est dû au conducteur pour ses chevaux. — Les prud’hommes doivent à Monseigneur de Bâle le bois de chauffage pendant les quatre fêtes annuelles, et si Monseigneur fait des fêtes solennelles, ils le lui doivent durant ces fêtes et non davantage. Ils ne sont point tenus de faire le guet au château de Monseigneur. C’est pour remplir les conditions ci-dessus que les prud’hommes jouissent des forêts de la montagne du Lomont. — Lorsqu’il n’y a pas de maire dans la mairie d’Ajoie, les prud’hommes de cette mairie doivent et peuvent élire un maire parmi leurs semblables, pour le profit de Monseigneur et d’eux-mêmes. Ils doivent présenter ce maire au bailli de Porrentruy et le bailli doit le présenter à Monseigneur de Bâle et Monseigneur de Bâle ne doit pas refuser de le recevoir ni de l’installer comme maire. — Le bailli doit avoir la bannière d’Ajoie; quand les prud’hommes partent pour aller dehors au service de Monseigneur, il doit la donner à un homme fidèle qui la porte au conseil et au regard des prud’hommes en marchant devant eux. — Si Monseigneur ou- ses officiers prennent un homme dans la mairie d’Ajoie, pour quel cas que ce soit, s’il peut fournir caution, on ne doit point le conduire en prison, mais on doit accepter sa caution et lui fane droit et raison au jugement des prud’hommes de cette mairie et du pays, sans le concours d’autres. — S’il arrive qu’il y ait un

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