‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 176 sur 612 · ORDONNANCES DU PRINCE DE RINCE · texte numérisé non relu

ORDONNANCES DU PRINCE DE RINCE

s’en rapporte aux ordonnances du temps, les repas de corps, les banquets de noce et de fêtes donnèrent lieu à des abus que le magistrat se crut obligé de réprimer par des prescriptions spéciales. En 1614, l’évêque de Bàle s’était plaint que de son château on entendait „la vie dissolue que l’on menait journellement en cette ville; de jour et nuitamment tant ès tavernes que sur la rue même pour les blasphèmes qui se faisaient Plus tard le prince avait renouvelé ses plaintes au sujet des excès qui se commettaient aux repas de noces, de baptêmes et à ceux des arquebusiers et arbalétriers. Le conseil prit un arrêté sévère et décida que désormais on ne servirait plus à ces banquets que cinq plats de viande bien remplis; chaque convive devait payer son écot, les hommes 12 sols, les femmes 8. Aux repas de baptême, la viande était défendue; on devait se contenter ., d’une desserte honnête, selon la qualité des personnes “ . Pour les réunions des arquebusiers et arbalétriers, appelées jambons, on ne permettait qu’un seul jambon ou un rôti froid et de la crue salade, du fromage, des fruits et un pot de vin par personne. 1 Pour obvier à d’autres abus, le conseil de ville établit aussi une taxe uniforme pour la vente des denrées et autres objets d’un usage ordinaire. Le pain fut taxé à 15 sols pour 6 lots, la viande à 4 sols 12 deniers la livre, le suif à 3 sols la livre, le beurre à 3 sols la livre; 1 sol pour 8 œufs, 4 sols la livre de chandelles; une livre d’amandes 7 sols 6 deniers; l’huile d’olive la livre 6 sols 8 deniers; la feuille de fer blanc 2 sols, la rame de papier fin de Bàle 2 liv. 10 sols. 2

La surveillance du conseil de Porrentruy ne s’étendait pas seulement sur les auberges, banquets et repas de corps, il veillait encore avec soin à l’observation des lois de l’Église: il punissait les infracteurs et les signalait au mépris public. Ainsi le 5 juillet 1611, il condamnait François Bruenin à 3 jours et 3 nuits de prison pour n’avoir pas été à l’église trois ou quatre fois les jours de dimanches et de fêtes d’apôtres, et lui interdisait l’entrée des auberges. Une autre fois il condamnait à 10 livres d’amende un bourgeois Jean Bourquin Liepure „qui avail mangé de la chair àTrémolans et chanté des psaumes avec le prédicant audit lieu". On l’avertit que s’il ne veut se conformer à la foi catholique, apostolique et romaine, il doit s’absenter de la ville. L’inculpé se soumit, il apporta au conseil sa bible suspecte imprimée à Genève, et les psaumes de Clément Marot et de Théodore de Bèze. Le conseil l'envoya à Notre-Dame de la Pierre pour se confesser et rapporter attestation (24 mars 1615).

Le prince Guillaume de Rinck avait vivement à cœur la conservation dans ses Etats des bonnes mœurs et des habitudes d’une vie frugale et honnête. Il nous reste de lui une ordonnance publiée les derniers jours de l'année 1611 sur la fréquentation des auberges : elle présente un tableau curieux des mœurs de cette époque et mérite d’être rapprochée des ordonnances sur le même objet données par les autorités suisses à notre époque. Voici cette pièce intéressante: „Nous Guillaume, par la grâce de Dieu, évesque de Basle, savoir faisons: comme depuis que fûmes entré à gouverner les terres de notre obéissance, nous avons reconnu la ruine et calamité en quoi nos sujets se sont jusqu’à présent plongés, par l’assidue fréquentation des hôtelleries, tavernes et cabarets, ès quels continuellement ils séjournent jour et nuit, délaissant leurs pratiques, métiers et labourage en arrière et sans culture, et commettant excès intolérables, consumant leurs biens induemenl ,

1 Ordonnance du 18 juillet 1618. = 2 Ordonnance du 8 octobre 1621.

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