‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 177 sur 612 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

sans en soulager leurs femmes et enfants, en sorte que plusieurs sont devenus à mendicité et pauvreté, et souvent, au départir des tavernes, se retrouvent si remplis de vin, qu’ils semblent être du tout privés de leurs sens et entendement, outre les jeux, blasphèmes et insolences qui se commettent par eux qui en dérivent, lorsqu'ils sont en tels état et misère, au grand mépris de Dieu et scandale des bien vivants.

„Nous donc, n’ayant après l’honneur de Dieu et la piété, plus grand soin que de conserver nos sujets en modestie et prévenir leur ruine, avons par les présentes prohibé et défendu, prohibons et défendons à tous hôteliers, taverniers, et cabaretiers de nos villes et évêché, de ne recevoir en leurs hôtelleries, tavernes et cabarets aucun de nos sujets pour y boire et manger, ni jouer en icelles, et auxdits sujets d’aller auxdites tavernes, cabarets ou hôtelleries, étant au lieu de leurs habitations, ni autre lieu proche de leurs dites habitations, pour y boire ni jouer, mais qu’ils se contentent de boire sobrement en leurs maisons, afin d’en faire part à leurs femmes et enfants, sans toutefois vouloir comprendre en cet édit nos sujets qui voyageront ou qui fréquenteront nos marchés, et lieux de justice, ne pouvant

Ecu en argent de l’évêque Guillaume Rinck de Baldenstein.

approcher le lieu de leur résidence pour se réfectionner, auxquels sera permis et loisible de prendre leur réfection, et se contenter d'une pinte de vin à leur dîner, sans delà aller d’hôtellerie en autre, ni de se trouver sur les rues et chemins par trop chargés de vin immodestement, sous peine quant auxdits tenant tavernes, hôtelleries, et cabarets de 60 sols d’amende, et à nos sujets transgressant cette ordonnance de pareille somme de 60 sols ; ni pareillement auxdits hôtes, traverniers et cabaretiers de ne créancier à personne de nos sujets plus haut de 10 sols; sous peine de perdre leur dette et de pareille amende de 60 sols; que s’ils n'ont moyen de satisfaire aux dits amendes, d’être mis en fond de prison au pain et à l’eau, par l’espace de trois jours entiers irrémissiblement. Donné en notre château de Porrentruy, ce 5 de décembre 1611.“

Le prince Guillaume ne se contenta pas de porter des édits et des ordonnances pour moraliser ses peuples; il avait constaté une lacune regrettable dans l’éducation des filles : dans presque toutes les localités de l’évêché, elles étaient sans instruction et sans maîtresse. Parfois le maître d’école réunissait dans sa classe les filles que les parents voulaient bien lui envoyer; ordinairement on les laissait sans autres leçons que celles de la famille. A Porrentruy, il y avait bien une maîtresse d’école, mais son enseignement était défectueux et elle était incapable de répondre

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