LES URSULINES A PORRENTRUY
aux besoins et à l’importance de la ville. Christophe de Blarer avait pourvu, par rétablissement du collège des jésuites, à l’instruction solide et chrétienne de la jeunesse de l’évêché; son neveu prit à cœur l’éducation des filles si négligée jusque-là et leur donna des maîtresses qui devaient tout à la fois les former à la vertu, aux pratiques de la vie chrétienne, aux travaux de la vie de ménage, et leur donner une instruction convenable, en rapport avec leur position dans la famille et dans la société d’alors: il fonda le couvent des Ursulines de Porrentruy.
Une noble et sainte fille de Dijon, Mlle Anne de Xaintonge, fonda en 1606 à Dole une congrégation de pieuses filles faisant vœu de mener la vie commune sous la direction d’une règle religieuse, et se vouant spécialement à l’éducation chrétienne de la jeunesse. Cet institut répondait à un besoin pressant de cette époque : les écoles de filles étaient rares ou mal tenues. Le nom et la réputation de sainteté dont jouissait la vénérable mère de Xaintonge, la vie édifiante et recueillie, le zèle et le dévouement de ses compagnes, lui concilièrent bientôt les sympathies de la
Médaille d’or de l’évêque Guillaume Rinck de Baldenstein.
Croix: Les armoiries de Rinck, de Stetten, zu Kruseck, de Zobel de Giebelstadt.
Revers: Les armoiries de Blarer de Wartensée, de Hallwyl, de Sirgenstein, de Hohenlandeiiberg.
Bourgogne et multiplièrent les maisons de son ordre dans ce pays et aux environs. Après Dole, Vesoul, Besançon, Saint-Hippolyte, Arbois, demandèrent à la vénérable fondatrice des sœurs de son ordre: le succès répondit à l’attente de ces importantes localités; les filles de sainte Ursule, les Ursulines comme le peuple les appela, du nom de la Sainte que la mère de Xaintonge avait choisie pour patronne de son institut, apportaient à l’instruction des filles un dévouement, une abnégation et un savoir-faire qui faisaient presque entièrement défaut à cette époque. Tandis que cette charge si difficile de l’éducation de la jeunesse était confiée à des mercenaires de basse condition qui n'avaient d’ordinaire que des connaissances bornées, et peu ou point de dévouement à leurs fonctions, les filles de la vénérable mère de Xaintonge cachaient souvent sous le voile et l’humble habit de leur ordre une naissance illustre, une brillante éducation, une instruction profonde et variée, que relevaient les plus belles qualités du cœur et un dévouement sans bornes à leur pénible tâche.
Le prince Guillaume Rinck de Baldenstein, évêque de Bâle, avait connu et apprécié les éminentes qualités de Mlle de Xaintonge, pendant le séjour qu’il fit à Dijon