MESURES PRISES CONTRE MANSFELD
sœurs communièrent, étant pour lors dix en nombre. La solennité avait commencé par une procession qui se fit de la grande église, jusqu’en la même place." 1 Le couvent était achevé en 1635 et les sœurs y entrèrent le 13 juillet de la même année. Elles ouvrirent de suite quatre classes qui suffisaient à peine aux petites filles de la ville: la lecture, l’écriture, les travaux manuels, la religion surtout, la prière et les pratiques pieuses, étaient l’objet de l’enseignement des bonnes sœurs. En dehors de leurs classes, les filles de la vénérable mère de Xaintonge menaient la vie la plus édifiante et la plus retirée. Sans avoir la clôture, elles gardaient la retraite dans leur maison, ne sortant que pour aller à l’église ou faire quelques visites à de pauvres malades. Levées à quatre heures en toute saison, elles consacraient chaque jour six heures au moins à des exercices de piété, l’oraison mentale, la récitation de l’office de la Ste Vierge, les visites au Saint-Sacrement, etc. Vêtues de noir d’une étoffe commune, elles avaient la
Signature de l’évêque Guillaume Rinck de Baldenstein.
tête couverte d’un voile en étamine noire sur une capuce de même couleur descendant sur les épaules comme celui des sœurs de la Visitation. Cette coiffure remplaçait avantageusement celle des veuves de Bourgogne que la mère de Xaintonge avait adoptée pour ses filles et qui, par sa forme bizarre, pouvait paraître étrange à Porrentruy.
L'église du nouveau couvent fut consacrée le 13 septembre 1636; le suffragant Jean Bernard d’Angeloch, évêque de Chrysopolis, fit la cérémonie, la dédia à la Ste Vierge sous le titre de son Assomption, à S. Charles Borromée, à Ste Ursule, à S. Guillaume et à Ste Hélène. L’évêque de Bâle officia pontificalement en présence d’une nombreuse assistance et un jésuite, le Père Jérôme Vininger, fit un sermon très émouvant sur la fête du jour. Deux cloches furent en même temps bénites et suspendues dans le clocher de la nouvelle église, la plus grande fut bénite en l'honneur de Ste Ursule, l’autre de saint Charles.
1 Histoire où sont toutes les choses plus particulières et remarquables arrivées en notre maison de la compagnie de sainte Ursule.