PORRENTRUY MENACE PAR LES SUEDOIS
lieu assuré, comme à Montjoie. On éconduira les écoliers, sauf ceux qui voudront librement porter les armes et qui seront propres. On instituera des espions pour avoir des nouvelles certaines." Quelques jours après cette réunion, le conseil s’assembla de nouveau. On a trouvé un capitaine qui consent à servir la ville; il s’appelle Kaüf ; il pose pour condition qu’on n’ouvrira ni fermera les portes sans son consentement. La ville accepte ses services, après toutefois qu’il lui aura prêté serment de fidélité. On lui donnera un logis, du bois, chandelles et quand il voudra manger en la ville, on lui donnera son vivre honnêtement. 1 La garde de la ville, confiée à ce capitaine, fut organisée sérieusement et composée de soldats du pays. En même temps, on plaçait des piquets d’observation et de défense aux principaux passages du pays: 80 hommes gardaient le passage du Repais, 10 celui de Pleigne, 18 à Bourrignon, 10 à Bavelier, 50 à Roggenbourg et 10 à Morepont: ces 175 hommes étaient fournis par la ville et les villages de la vallée de Delémont, suivant la population de chacun. 2
Les malheurs de la guerre, d’après Callot.
L’ennemi avait envahi l’Alsace et l’armée suédoise s’approchait des frontières: Cernay, Ferrette, Altkireh tombaient aux mains des soldats et étaient saccagés. Tous les jours les fuyards accouraient par bandes de ces lieux désolés et cherchaient un asile à Porrentruy. Le magistrat dut même, pour éviter toute surprise, porter une ordonnance par laquelle il était enjoint à chaque habitant de déclarer les étrangers qu’il recevait à loger; les armes qu’ils avaient; il fut fait défense de s’assembler et de sortir de la ville; aucun étranger ne devait être reçu en ville sans permission (28 mars 1633). 3
En même temps le conseil, continuant aux Annonciades de Haguenau la protection qu’il leur avait promise à leur arrivée en ville, leur accordait par charité, „à cause de la disette qu’elles enduraient" un bichot d’épeautre et deux tin nés de vin.
Voyant l 'imminence du danger, le prince d’Ostein réclame l’assistance des cantons suisses, ses alliés. Quatre députés sont envoyés à l’évêque de Bâle pour lui prêter main-forte et couvrir, si besoin est, ses États de la protection helvétique.
1 Délibérations du conseil, 21 et 26 décembre 1632. = 2 Journal d’un bourgeois de Delémont
en 1632. = 3 Archives de la ville, guerre de Trente-ans.