SIEGE DE PORRENTRUY PAR LES FRANÇAIS
homme dur et farouche. Lorsqu’il voyait un soldat en faute, il tirait de sa poche une corde, enlaçait le cou du soldat, le jetait à terre, serrait le nœud coulant en pressant du pied le cou du délinquant jusqu’à complète strangulation. Lorsqu'il quitta Porrentruy, les bourgeois lui firent un présent ; il leur avait fait comprendre assez clairement que c’était, une chose opportune. Après le départ des Hongrois, les malheureux habitants s’imaginaient qu’ils seraient désormais débarrassés de troupes, de logements militaires et d’autres charges, mais contrairement à leurs espérances, ils durent non-seulement recevoir les Hongrois et les Lorrains, mais
Turenne au siège de Porrentruy.
encore des Croates, des Irlandais, des Écossais, des Allemands et des bandes de plusieurs autres nations qui se succédaient à l’envi, comme le flot suit le flot. Les soldats n’étaient pas contents des vivres, de la pension et de toutes les choses nécessaires que leur fournissaient leurs hôtes; ils exigeaient encore de l’argent, tant par jour ou par semaine. 1
Le 26 mai 1 635, une rencontre eut lieu près de Lure entre une partie de l’armée des Lorrains et les bataillons français commandés par Turenne, le cardinal La Valette et le marquis de La Force. Les Allemands essuyèrent une défaite complète; on compta cinq cent soixante-douze morts sur la place et plus de cinq cents prisonniers. Le duc Charles de Lorraine apprit cette défaite à Belfort. Aussilôt il envoie Laverne, un de ses officiers, avec un régiment à Porrentruy: il veut au moins se garder cette place qu'il sait convoitée par les Français depuis longtemps. Ce régiment, composé uniquement de Bourguignons et de Vallons, prend possession de la ville et se prépare à la défendre contre l’ennemi. 2
1 1 rouillât, p. 44. — 2 Revue d'Alsace, 1854. p. 408. Les Suédois dans le Sundgau.