‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 209 sur 612 · I /A JOIE PILLEE PAR LES IMPERIAUX · texte numérisé non relu

I /A JOIE PILLEE PAR LES IMPERIAUX

le pauvre homme résista d’abord, mais, séduit par les promesses et l’argent qu’on lui offrait, il se mit en devoir de leur indiquer le sentier; arrêté aussitôt et jugé sommairement, il fut également décapité et empalé.

A Porrentruy, la garnison française, quoique moins barbare et plus disciplinée que la troupe impériale, ne laissait pas de molester les malheureux habitants. Le vol, d’abord rare, devenait de jour en jour plus commun. Le blé n’était plus payé ; les paysans se plaignaient d’avoir été dépouillés par les soldats ; la misère était générale.

Le 17 juin 1636, les Impériaux quittèrent l’évêché pour passer en Bourgogne. Aussitôt les Français casernés à Porrentruy s’avancèrent jusqu’aux Rangiers pour explorer la crête de la montagne. Un bruit inopiné, qu’ils prirent pour un coup de canon, leur fit prendre la fuite et ils revinrent en hâte à Porrentruy. 1

Mousquetaires sous Louis XIII.

L'exercice du mousquet. — Les deux commandements figurés ci-dessus sont, de gauche à droite: N° t. Porter bien vos armes. — N° 2. Joigne \ la fourchette au mousquet.

Peu après (août 1636), l’Ajoie fut traversée par plusieurs compagnies de l’armée impériale que le roi de Hongrie avait réunies et passées en revue à Brisach : ces troupes qui se dirigeaient vers la France, dévastèrent en passant le territoire de Porrentruy. Les récoltes avaient été assez abondantes ; les greniers étaient remplis; les soldats pillèrent toutes les provisions. Ce qu’ils ne purent enlever, ils le gâtèrent; ils parcouraient les maisons isolées et les villages et chargeaient sur les épaules de leurs habitants tout ce qu’ils y rencontraient, pour le faire porter dans leurs campements; ils les chassaient ainsi chargés devant eux comme des bêtes de somme et les accablaient de coups. Ils imposèrent de tels fardeaux à quelques-uns de ces malheureux que ceux-ci moururent, affaissés sous leurs charges. Des pluies continuelles, en prolongeant le séjour des soldats, achevèrent la ruine

1 Les Suédois, p. 98.

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