‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 219 sur 612 · PAIX DE MUNSTER · texte numérisé non relu

PAIX DE MUNSTER

et demandent un asile aux Ursulines de Saint- Hippolyte. Après deux mois d’absence, elles reviennent à Porrentruy, croyant le danger disparu ou très éloigné. Mais au printemps de 1634, les Suédois s’approchent de la ville; les pauvres sœurs se sauvent de nouveau, douze d’entre elles retournent à Saint-Hippolyte, douze autres vont à Fribourg (27 mars 1634) et logent deux jours à l’auberge du Cheval blanc; le chancelier de Montenacli leur offre un asile dans sa maison, rue de Morat, vis-à-vis les capucins. Une dame charitable nommée Zimmermann, née Week, fait plus tard l’acquisition de l’hôtel de la Cigogne près de la tour Jacquemart, pour mille neuf cents écus, où les sœurs purent entrer le 13 juillet 1638. — En avril 1634, les Ursulines quittent Saint-Hippolyte et reviennent à Porrentruy. Au mois de novembre 1634, la peste se déclara en ville; elle dure jusqu'au printemps de l’année suivante; la maison des Ursulines est épargnée par le fléau ; mais quelques semaines après l’arrivée des Français qui menacent

L’ancien couvent des Capucins de Delémont,

fondé par Jean Henri d'Ostein.

la ville, elle fait de nouveau fuir les douze sœurs qui vont en toute hâte rejoindre à Fribourg leurs compagnes et abandonnent leur maison à la garde d'une seule fille.

Cinq ans se passèrent de la sorte; l’évêché était occupé militairement et Porrentruy ruiné par les garnisons de Français, d’Allemands ou de Suédois, qui se succédaient sans relâche dans ses murs. En 1 640, le calme paraissant renaître et les Français occupant la ville, quatre Ursulines seulement quittèrent Fribourg et reprirent possession de leur maison (25 juillet 1640). Malgré l’occupation militaire et le passage des troupes, le couvent fut respecté; une fois seulement, en 1645, elles durent préserver leur église où les soldats protestants, alors en quartier d’hiver, voulaient faire leur cène. Les sœurs enlevèrent la table qui avait été dressée pour la cérémonie religieuse, fermèrent l’église et en firent porter les clefs à M. de Vignancourt, commandant de la garnison, se mettant elles et leur maison sous sa sauvegarde. Le capitaine français prit les Ursulines sous sa protection ; l’église fut rouverte et la maison reprit son calme accoutumé. Peu après, toutes les sœurs quittèrent Fribourg et retournèrent à Porrentruy. Elles avaient passé dix ans sur cette terre hospitalière, traitées avec une bienveillance extrême et une charité incomparable par les habitants de cette religieuse cité qui se hâta de fonder

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