‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 221 sur 612 · MORT DE IEAN HENRI D’OSTEIN · texte numérisé non relu

MORT DE IEAN HENRI D’OSTEIN

Pour accélérer sa complète délivrance et aussi ,,pour parfaire le vœu solennel fait à Notre-Dame pour sa préservation et conservation, “ Porrentruy députa à N.-D.-des-Ermites, en septembre 1644, ses maîtres-bourgeois Yanargeait et Bajol, le chapelain de l'hôpital messire Balthazar, et son receveur Christofle Bruat. Les envoyés présentèrent au nom de la ville un cierge à la vierge miraculeuse; ils firent célébrer dans la sainte chapelle une messe „pour la conservation de la ville “ et „ donnèrent une aumône pour l’honneur de Dieu". 1

Malgré les espérances de paix, la ville continua à avoir garnison; en 1644, c’est le régiment de M. de Fleckstein, colonel pour le service du roi de France ; l’année suivante, le régiment de M. de Vitgstein, du même parti, demeure dix-neuf semaines à Porrentruy; en 1646, outre la garnison ordinaire de 309 hommes et 80 dragons, on logea pendant cinq semaines, 50 Hongrois qui coûtèrent à la ville 1000 livres bâloises. Le commandant, M. de Marcy, exigeait pour sa table 100 florins par semaine et 4 tinnes V2 de vin par jour, la tinne à 7 livres. En 1647, du 26 août au commencement de 1648 (pendant 22 semaines), la ville logea le régiment de M. Betz. En 1648, le 10 décembre, deux compagnies du régiment du colonne! Oem prirent leurs quartiers d’hiver à Porrentruy et dans la seigneurie et y demeurèrent jusqu’au 19 mars 1649. Quelques semaines après leur départ, le lieutenant-général B.osa se fit payer par la ville el l’Ajoie 100 pistoles ( 750 livres bâloises). Le 25 février 1650, l'état-major du régiment du cardinal Mazarin, commandé par M. Jo. Reinhard de Stréiff de Lœvenstein, fut logé dans la ville et la seigneurie de Porrentruy; pendant onze semaines on dut fournir à ces troupes 1 1 5 rations par jour, à 7 livres

1 0 sols la ration : la ville était imposée pour 38 rations.

Délivrée de ces hôtes incommodes le 5 juin 1650, l’Ajoie dut en recevoir d’autres le 24 du même mois; c’étaient deux compagnies de M. le colonel Tubadel qui séjournèrent .à Porrentruy et aux environs pendant quinze jours; la ville dut fournir pour sa part 41 rations à 8 livres bâloises chacune, l’Ajoie 82 rations. C’étaient les derniers venus de cette longue chaîne de bataillons ennemis qui depuis seize ans écrasaient l’évêché de Bâle et l’avaient réduit à la misère la plus complète. La paix avait été signée à Munster (1648 24 octobre) et publiée dans toutes les parties de l’Empire. Porrentruy allait rentrer dans le domaine de son seigneur et maître le prince-évêque de Bâle.

Jean Henri d’Ostein était mort à Delémont le 26 novembre 1646, dans sa soixante-sixième année. Son règne de dix-huit ans n’avait été qu’un long martyre. Obligé de fuir sans cesse devant les troupes ennemies qui occupaient ses Etats,

11 ne cessa d’errer dans quelques-uns des châteaux les plus sûrs de l’évêché. 11 séjourna longtemps à Dornach, à Birseck, parfois à Delémont. Il ne cessait d’élever la voix en faveur de ses peuples; il multipliait les ambassades, essayant en vain de faire entendre la voix de la justice et du droit. Toutes ses réclamations furent inutiles et il mourut sans avoir pu saluer la paix qui allait rendre à l'évêque de

Jean Henri d’Ostein.

1 Archives de Porrentruy, guerre de Trente-ans. — Les comptes de la ville de 1644 portent à 72 livres 11 sols les frais du pèlerinage de N.-D.-des-Ermites (15 septembre 1644). Ibid.

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