‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 222 sur 612 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Bâle la possession de ses États. Jean-Henri d’Ostein fut enterré devant le maîtreautel de l’église des capucins de Delémont, dont il était le fondateur (29 novembre). Pendant trois jours on tint secrète la mort de l’évêque de Bâle; on craignait que quelque étranger, profitant des désastres du pays, ne prit possession de l’évêché. Les chanoines de Bâle se réunirent en toute hâte, et dans le plus grand secret, dans le couvent de Beinwyl, sur les terres du canton de Soleure, et y élurent le 28 novembre un des leurs, Béat Albert de Ramstein. Le Prince Jean Henri portait dans ses armes: blanc au lévrier d’azur.

Le nouveau prince était du Sundgau; il était né le 14 juillet 1594 au château de Waltickoffen, à une lieue de Ferrette. Élève du collège de Porrentruy, puis à Rome du collège germanique, il fut de bonne heure pourvu d’un double canonicat à Worms et Bâle. L’occupation militaire de Porrentruy l’empêcha d’en prendre possession selon l’usage et de recevoir le serment des habitants. Le prince se contenta d’expédier de Delémont au magistrat de la ville la charte de confirmation de ses privilèges et libertés, revêtue du sceau de l’évêché et de la signature de l’évêque (2 avril 1647). La conclusion de la paix lui permit bientôt de faire son entrée dans la capitale de ses États.

Quoique conclue en 1648, la paix n’eut son effet bienfaisant qu’après le recès d’exécution signé à Nuremberg le 26 juin 1650. Le 4 juillet de la même année, ordre fut donné au commandant pour le roi de France, occupant la place de Porrentruy, d’évacuer la ville; les plénipotentiaires de Nuremberg écrivaient à M. de Vignancourt : „Nous avons traité ici sur l’exécution de la paix de l’Empire et pour y satisfaire, étant nécessaire de rendre présentement la ville de Porrentruy, nous vous envoyons une lettre du Roy, par laquelle il vous est ordonné d’en sortir avec votre garnison sur l’avis que nous vous en donnerons, vous prions de rendre sans délai ladite ville de Porrentruy aux officiers de M. l’évêque de Basle, faisant sortir vos soldats avec bon ordre et les conduisant où il vous sera ordonné par M. de Tilladet. La lettre de Sa Majesté et celle-ci vous serviront de décharge pour la reddition de la ville de Porrentruy et vous prendrez un certificat desdits officiers pour justification du bon ordre avec lequel vous serez sortis, sans emporter quoi que ce soit qui n’est pas accordé par le traité de paix, ni sans retarder votre sortie, sous prétexte d’arrérages, de contributions ou quelques autres que ce puisse être. Nous sommes vos très humbles et très affectionnés serviteurs: (signé) de Valecourt, de Vautorte, d’Avougour. “

L’ordre étail formel; en conséquence, comme le relate un témoin oculaire, „le mardi 26 juillet, jour de Ste Anne, de l’an 1650, la garnison française, logée à Porrentruy et commandée par M. Robert de Vignancourt de par le Roy, sur les cinq heures après midi, vida le chasteau qui fust remis entre les députés de Son Excellence de Basle, savoir M. Thomas Henrici, docteur en théologie, suffragant et doyen de l’église cathédrale de Basle, et M. Jean-Georges Schôttlin, docteur en droit et chancelier de Sadite Excellence, et les clés des pourtes de la ville rendues au magistrat. Le lendemain fut pour actions de grâces, institué une procession de S. -Pierre à S. -Germain et delà en ladite église de S. -Pierre; une grand’messe fut chantée et célébrée par Mgr le suffragant ; laquelle finie fut chanté le Te Deum laudamus.

„Le29 en suivant, ajoute le même annaliste, Son Excellence (l’évêque de Basle, Béat- Albert de Ramstein) vint de Delémont à Pourrentruy prendre possession de son chasteau, et à son entrée fut salué à coups de canon, et suivi et accompagné

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