‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 228 sur 612 · RENOUVELLEMENT DE L'ALLIANCE AVEC LES SUISSES · texte numérisé non relu

RENOUVELLEMENT DE L'ALLIANCE AVEC LES SUISSES

libérateurs. Au rapport du greffier de Delémont, qui a consigné ces détails dans les registres de la ville, les soixante-quinze hommes envoyés par les cantons catholiques, Lucerne, Schwytz, Uri, Unterwalden et Zug, arrivèrent à Delémont. le 12 avril; après une journée de repos, ils se dirigèrent vers les postes qui leur étaient assignés: quinze Soleurois furent envoyés dans les châtellenies allemandes, dix Fribourgeois allèrent à Porrentruy, cinq à Saint-Ursanne; quinze des autres cantons furent réservés pour Delémont, quinze pour Saint-Ursanne, trente aux Franches-Montagnes, quinze à Laufon, quinze à Porrentruy.

Le calme rétabli, il fallut pourvoir aux frais de cette levée de soldats; pour le pays déjà épuisé par l’occupation antérieure, ce fut une lourde charge.

On fit d’abord sur les différentes localités du pays une répartition de 3000 florins à payer pour l’entretien des soldats suisses: Porrentruy fut imposé pour 390 livres bàloises (avril 1652). Six mois plus tard, les Etats de l’évêché furent convoqués pour le même sujet au château de Porrentruy. On tint séance du 23 au 27 septembre. On vota 9000 florins à payer pour la défense du pays, 3000 pour un magasin à grain, 6000 livres pour frais à la diète de Ratishonne et renouvellement de l’alliance avec les cantons suisses et 5000 livres pour l’imprévu de l’avenir. Ces impôts furent répartis aussi équitablement que possible entre toutes les communes et corporations de l’évêché. Le chapitre de SL-Michel de Porrentruy fut taxé à 140 livres et le collège, à cause de Miserez, à 80.

,,Et comme nous étions un peu plus en repos qu’auparavant, dit l'avocat Vergier, le dimanche devant la Pentecôte (12 de mai) j’allai après la prédication, au château accompagné de M. le prévôt et secrétaire, et sur l’invitation et prière qui fut faite à Son Excellence d’agréer au lendemain un petit disné que MM. du magistrat faisaient dessein de lui préparer, ayant reçu bonne réponse, et nous fit arrêter au château au dîner. Le lendemain, étant retournés au château à heure de 10, Son Excellence ayant dil la messe et expédié plusieurs affaires qui lui étaient survenues, pour le mauvais temps qu’il faisait, descendil en carrosse de son château, accompagné de ses gentilshommes de Cour et son noble conseil. Et fut traité au mieux que l'on put. Ayant Sadite Excellence, pendant le festin qui ne se termina qu’à la nuit, témoigné toute sorte de contentement et une inclination et affection très particulière pour ses sujets de la ville de Pourrentruy, jusque là qu’étant de retour à son château, le lieutenant de la garnison étant aller recevoir l'ordre et mot du guet de Sadite Excellence, il lui dit et donna pour l’ordre: Vive Pourentruy. Le vin qui fut bu ce jour là, tant blanc que rouge, se monta à la quantité de 96 pots; le blanc se vendant 7 sols 4 deniers et le rouge 7 sols 8 deniers le pot. Le pain et les viandes se montèrent à 38 livres bàloises." 1

Les craintes que l’armée lorraine avait fait naître pendant son séjour en Alsace, reparurent deux ans après. Le 20 décembre 1653, le maréchal de la Ferté mit le siège devant Belfort occupé par le comte de la Suze, qui tenait le parti du prince de Condé. Belfort se rendit au mois de février 1654. Le voisinage d'une armée ennemie sema l’alarme dans la principauté. On apprit que plusieurs villages de la seigneurie d'Héricourt avaient été pillés par les Français, parce que le prince de Montbéliard avait refusé de leur fournir des munitions et de l'artillerie. On mit sur pied les troupes de l'évêché qui vinrent occuper l’Ajoie et border les

1 Journal Vergier, p. 25.

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